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La Martinique signe un accord d'autonomie que personne n'a demandé — pendant que nos outre-mer crèvent en silence




Le 1er juillet 2026, dans la maison natale d'Aimé Césaire à Fort-de-France, le président de la CTM Serge Letchimy et la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou ont signé, presque en catimini, un accord-cadre ouvrant la voie à une autonomie renforcée de la Martinique. Pouvoir normatif propre, autonomie fiscale, capacité à édicter des lois. Le tout sans consulter les Martiniquais — qui avaient pourtant rejeté l'autonomie à 79,3 % en 2010 — et sans consulter le monde économique, unanimement hostile. Pendant ce temps, la Martinique souffre : pauvreté endémique, chômage structurel, vie chère insupportable, services publics défaillants, chlordécone toujours pas indemnisé, sargasses qui asphyxient les côtes. On change le statut, mais on ne règle aucun problème. Symptôme parfait d'un État qui a abandonné ses outre-mer — et qui croit s'en tirer en signant des accords que personne n'a demandés.


I — L'accord du 1er juillet : un coup politique, pas une réponse aux Martiniquais

Posons les faits, parce qu'ils sont édifiants.

Le 1er juillet 2026, Serge Letchimy et Naïma Moutchou signent un « accord-cadre solennel » à la Maison Aimé Césaire. Letchimy le qualifie d'« historique ». Il ouvre la voie à un « pouvoir normatif autonome » permettant à l'Assemblée de Martinique d'adapter et d'édicter des lois et des règlements dans les domaines ne relevant pas des compétences régaliennes. Il prévoit une autonomie fiscale progressive. Et il a été inscrit au Journal officiel de la Martinique dès sa signature.

Première question : qui a demandé cela ?

Pas les Martiniquais. En 2010, consultés par référendum sur un passage à l'article 74 de la Constitution — qui aurait accordé moins d'autonomie que ce que prévoit cet accord — ils ont dit non à 79,3 %, avec 55 % de participation. Leur message était limpide : nous voulons la simplification administrative, pas l'autonomie. Ils ont d'ailleurs voté oui, deux semaines plus tard, pour la fusion du département et de la région en une collectivité unique — mais en restant sous l'article 73, c'est-à-dire sous le droit commun français. Et une étude qualitative publiée en 2025 par le MoDem Martinique — le parti même de Jean-Noël Barrot, ministre du gouvernement — confirme ce rejet : les Martiniquais ne souhaitent toujours pas d'autonomie accrue.

Pas le monde économique. Le consortium Martinique Économique — CCI, Medef, Contact Entreprises, AMPI, Chambre des métiers — a tenu une conférence de presse le lendemain pour exprimer son opposition sans ambiguïté. Leur position : « Toute réforme institutionnelle doit être appréciée exclusivement au regard de ses effets réels sur l'investissement, l'emploi, la production locale et le développement économique. » Ils exigent une étude d'impact indépendante, des garanties sur le maintien de la solidarité nationale, et l'absence de toute hausse de fiscalité.

Le constitutionnaliste Benjamin Morel, de l'université Paris-Panthéon-Assas, est plus direct encore : cet accord « feint d'oublier la volonté exprimée par les Martiniquais ». Il va plus loin que ce qui avait été rejeté en 2010, et nécessiterait une révision constitutionnelle que ni le Parlement ni le peuple français n'ont approuvée. Le journaliste Michel Taube, fin connaisseur de la Martinique, qualifie l'accord de « coup d'État anba fey » — sous le boisseau, en créole.

Alors, pour qui cet accord a-t-il été signé ? Pour Serge Letchimy, qui rêve d'une « rupture » — le mot est de lui — depuis des années. Et pour un gouvernement Macron en fin de course, qui préfère céder aux élus locaux plutôt que de résoudre les problèmes réels. Un accord politique, pas une réponse aux Martiniquais.


II — L'égalité des droits existe dans les textes — elle n'existe pas sur le terrain

Voilà le cœur du problème, et c'est celui que cet accord ne traite pas.

Sur le papier, les outre-mer bénéficient de l'égalité des droits avec la métropole. Même Sécurité sociale, même code du travail, mêmes minima sociaux, mêmes droits fondamentaux. C'est l'héritage de la départementalisation de 1946, celle qu'Aimé Césaire avait voulue pour mettre fin au statut colonial. Et c'est précisément cette égalité que les Martiniquais ont voulu préserver en 2010 en refusant l'article 74.

Mais cette égalité est un mensonge vécu. Parce que l'égalité des textes ne se traduit pas en égalité des conditions. Je me rends régulièrement aux Antilles pour mon travail. Ce que je vois sur le terrain n'a rien à voir avec ce que racontent les rapports officiels. Voici la réalité.

La pauvreté. Le taux de pauvreté en Martinique est le double de celui de la métropole. En Guyane, il dépasse 50 %. À Mayotte, il atteint 77 %. Ces chiffres placent des territoires français au niveau de pays en développement — dans la sixième puissance économique mondiale.

Le chômage endémique. Le taux de chômage en Martinique tourne autour de 15 % — près de trois fois la moyenne métropolitaine. Chez les jeunes, c'est catastrophique. Et les solutions proposées depuis trente ans — contrats aidés, dispositifs d'insertion, zones franches — n'ont jamais résolu le problème structurel.

La vie chère. Les prix sont en moyenne 30 à 40 % supérieurs à ceux de la métropole pour les produits alimentaires. Les monopoles et les situations de rente étranglent le pouvoir d'achat. Le Sénat l'a documenté, les rapports s'empilent, les lois se succèdent — et rien ne change. Les émeutes de septembre 2024 contre la vie chère en Martinique n'étaient pas un accident : elles étaient le cri d'une population qui n'en peut plus.

Le chlordécone. Voilà peut-être le scandale le plus révélateur de l'abandon d'État. Un pesticide interdit partout ailleurs, utilisé dans les bananeraies antillaises jusqu'en 1993, qui a contaminé les sols et les eaux pour des siècles. Les conséquences sanitaires sont documentées — cancers de la prostate, perturbations endocriniennes, contamination des cultures vivrières. Et les indemnisations ? Toujours pas. L'État a reconnu sa responsabilité du bout des lèvres, mais les victimes attendent encore. Imaginez un instant qu'un pesticide ait contaminé la Beauce ou le Bordelais pendant trente ans : pensez-vous sérieusement que les agriculteurs n'auraient pas été indemnisés depuis longtemps ?

Les sargasses. Depuis 2011, des millions de tonnes d'algues brunes s'échouent chaque année sur les côtes antillaises et guyanaises. En se décomposant, elles dégagent de l'hydrogène sulfuré et de l'ammoniac — des gaz toxiques qui empoisonnent l'air, noircissent les façades, corrodent les équipements électroniques, et rendent des quartiers entiers invivables. En 2026, les scientifiques de l'université du Sud de la Floride estiment à 14 millions de tonnes les sargasses flottant dans l'Atlantique, et annoncent une année « possiblement record ».

Et que fait l'État ? Il a lancé un Plan Sargasses 2, doté de 34 millions d'euros. Bilan : seules 10 des 26 mesures annoncées ont été réellement mises en place, selon un rapport commandé par la Direction générale des outre-mer elle-même. Les « impacts économiques et sociaux ont été insuffisamment pris en compte » et « la dimension sanitaire était largement absente ». Un Plan Sargasses 3 a été annoncé, avec un supplément de 2,5 millions d'euros. Deux millions et demi. Pour un fléau qui détruit le tourisme, asphyxie les populations, bloque les ports et coûte chaque année des dizaines de millions aux collectivités locales — qui assument 55 % du financement de la lutte.

La sénatrice de Guadeloupe Solanges Nadille a posé la question qui fait mal : pourquoi les algues vertes en Bretagne mobilisent-elles des moyens considérables et une attention médiatique permanente, quand les sargasses aux Antilles — un fléau autrement plus grave, toxique et étendu — sont traitées comme un problème local dont les communes doivent se débrouiller ? La réponse tient en un mot : la distance. Ce qui est loin de Paris n'existe pas.

La continuité territoriale. La dotation de continuité territoriale pour la Corse s'élève à 187 millions d'euros. Pour l'ensemble des outre-mer : 77 millions. La Corse, à une heure d'avion de la métropole, reçoit deux fois et demie plus que des territoires séparés par 7 000 kilomètres d'océan. Un Martiniquais qui veut voir sa famille en métropole paie un billet d'avion de 600 à 1 200 euros. L'égalité territoriale, en théorie. La relégation, en pratique.

Le narcotrafic et la sécurité. Les Antilles et la Guyane sont devenues des plaques tournantes du trafic de cocaïne entre l'Amérique du Sud et l'Europe. Les saisies se multiplient, les violences aussi. Les braquages sont devenus quasi quotidiens. Et les moyens de lutte restent dérisoires au regard de l'ampleur du phénomène.

La formation. Un jeune Martiniquais qui veut se former à certains métiers n'a souvent pas d'autre choix que de partir en métropole — à ses frais, loin de sa famille, dans un environnement qui n'est pas le sien. Les filières locales sont insuffisantes, les universités sous-dotées, et le retour au pays après la formation est un parcours du combattant faute d'emplois qualifiés.

Les collectivités locales. Des communes désargentées, sans aucun levier financier, étranglées par des charges structurelles et parfois placées sous tutelle préfectorale. En Martinique, le taux de couverture des engagements contractualisés avec l'État n'est que de 47 %. En Guadeloupe : 29 %. L'État promet, signe des contrats, et ne décaisse pas.

Les administrations. Une lenteur qui confine parfois à l'abandon. Des délais d'instruction aberrants. Des services publics qui fonctionnent par intermittence. L'eau potable distribuée de manière discontinue aux Antilles. Le choléra qui resurgit à Mayotte en 2024 — une maladie du tiers-monde, sur le territoire français.

Voilà la réalité. Voilà ce que vivent nos compatriotes ultramarins, chaque jour, pendant que la métropole débat de ses banlieues, de ses réformes, de ses querelles politiques — sans jamais regarder de l'autre côté de l'océan.


III — Le problème n'est pas le statut — c'est l'abandon

C'est ici que je m'éloigne de Serge Letchimy et de son accord-cadre. Car sa thèse repose sur un postulat que je conteste : l'idée que le problème des outre-mer serait d'abord institutionnel, et qu'un changement de statut résoudrait les difficultés.

Non. Le problème des outre-mer n'est pas un problème de statut. C'est un problème d'abandon.

Un abandon de l'État dans ses missions fondamentales : sécurité, justice, santé, éducation, infrastructures. Un abandon budgétaire : des crédits annoncés et non décaissés, des promesses non tenues, des plans qui se succèdent sans effet. Un abandon réglementaire : des normes pensées pour la métropole et plaquées sans adaptation sur des territoires dont les réalités n'ont rien à voir — climat, géographie, environnement économique, tissu social.

Changer de statut sans résoudre ces problèmes de fond, c'est changer la couleur du papier peint dans un immeuble dont les fondations s'effondrent. Le constitutionnaliste Benjamin Morel le dit sans détour : « Le véritable enjeu dans les outre-mer n'est pas institutionnel : il est économique et social. Et là, les années Macron sont une décennie perdue. »

Et donner plus de pouvoir à des élus qui ne gèrent pas correctement les compétences qu'ils ont déjà — la CTM, créée en 2015 avec des pouvoirs considérables, affiche un bilan désastreux sur les transports, l'eau, les déchets, et accumule les grèves — c'est aggraver le problème en prétendant le résoudre. L'autonomie sans compétence, c'est l'irresponsabilité institutionnalisée.


IV — Ce que je propose : des pays d'outre-mer dans une Constitution refondée

Le statut des outre-mer ne doit pas être bricolé accord par accord, en catimini, entre un président de collectivité et un gouvernement en fin de mandat. Il doit être pensé globalement, dans le cadre d'une nouvelle Constitution — celle que je défends depuis les débuts de ce blog.

Dans mon projet constitutionnel, je propose la création de pays d'outre-mer : ni DOM, ni TOM, ni collectivité sui generis — un statut propre, inscrit dans la Constitution, conçu pour et par les ultramarins. Ce statut repose sur plusieurs principes fondamentaux.

Le maintien absolu de l'égalité des droits. Aucune évolution statutaire ne doit porter atteinte aux droits fondamentaux des citoyens français d'outre-mer. Même Sécurité sociale, mêmes protections, mêmes garanties. C'est non négociable, et c'est ce que les Martiniquais ont dit en 2010. Les en priver serait une trahison.

Un pouvoir réglementaire adapté à chaque territoire. Les pays d'outre-mer disposeraient d'un véritable pouvoir d'adaptation des normes à leurs réalités — climat, géographie, environnement économique, traditions culturelles. Pas un pouvoir législatif parallèle qui crée un droit à part, mais un pouvoir réglementaire qui permet d'adapter le cadre national aux réalités locales. C'est la différence fondamentale avec l'accord Letchimy : on ne crée pas un État dans l'État, on donne de la souplesse à la loi commune.

Une autonomie ajustée d'un territoire à l'autre. La Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion, Mayotte, la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie — chacun de ces territoires a son histoire, sa démographie, son économie, ses aspirations. Le cadre constitutionnel doit permettre à chacun de définir, par la volonté de sa population, le degré d'autonomie qui lui convient. Pas un modèle unique imposé d'en haut — mais un menu de possibilités, dans un cadre commun.

La formation des élus. C'est un point que personne n'ose aborder, et qui est pourtant central. On ne peut pas confier des compétences élargies à des élus qui n'y sont pas préparés. L'autonomie sans compétence, c'est la gabegie. Les nouveaux pouvoirs transférés doivent s'accompagner d'une formation rigoureuse des élus locaux à la gestion publique, aux finances, au droit, à la gouvernance — pour ne pas tomber dans les travers que nous constatons aujourd'hui.

L'État maintient ses compétences régaliennes. Justice, défense, diplomatie, monnaie, sécurité intérieure : l'État reste pleinement responsable. Les pays d'outre-mer ne sont pas des micro-États. Ils sont des composantes à part entière de la Nation, dotées d'une souplesse d'adaptation, mais solidement ancrées dans la Nation.


V — Au-delà du statut : le plan massif que personne n'a le courage de lancer

Car le vrai scandale n'est pas le statut. Le vrai scandale, c'est qu'il n'existe aucun plan de mise à niveau digne de ce nom pour les outre-mer.

Depuis des décennies, les gouvernements successifs empilent des dispositifs, des acronymes, des lois de programme — Lodeom, BQP, COROM, CCT, LADOM — sans jamais traiter les problèmes sur le fond. C'est un emplâtre permanent sur une jambe de bois.

Ce qu'il faudrait, c'est une réforme globale — institutionnelle, économique, réglementaire et culturelle — avec un plan massif d'investissement et de remise à niveau de l'État dans ses territoires oubliés.

Réforme économique. Casser les monopoles et les oligopoles qui fabriquent la vie chère. Ouvrir les marchés ultramarins à la concurrence — y compris régionale — pour faire baisser les prix. Créer des zones économiques spéciales avec une fiscalité réellement attractive pour les investisseurs et les entrepreneurs locaux. Développer les filières de production locale pour réduire la dépendance aux importations.

Réforme réglementaire. Adapter systématiquement les normes métropolitaines aux réalités ultramarines — dans la construction, l'agriculture, l'environnement, le commerce. Ce qui vaut en Île-de-France ne vaut pas nécessairement sous les tropiques. C'est du bon sens, mais la machine normative française en est incapable sans un acte politique fort.

Investissement massif dans les infrastructures. Routes, ports, aéroports, réseaux d'eau, d'assainissement, d'énergie — le retard est colossal et documenté. L'eau potable intermittente aux Antilles est une honte nationale. La réponse ne passe pas par une loi de plus — elle passe par des milliards d'euros investis concrètement, avec des résultats suivis et des comptes rendus.

Formation et emploi. Créer sur place les filières de formation qui manquent, pour que les jeunes ultramarins n'aient plus à s'expatrier en métropole pour se former. Développer l'apprentissage en lien avec les entreprises locales. Et surtout, créer les conditions d'un retour au pays pour les diplômés — en rendant l'emploi qualifié possible sur place.

Indemniser enfin le chlordécone. Il est temps. Ce scandale d'État dure depuis plus de trente ans. Les victimes attendent. L'État a reconnu sa responsabilité. Qu'il en tire les conséquences financières.

Traiter les sargasses comme un enjeu national. Pas avec 2,5 millions d'euros de supplément et un troisième plan dont la moitié des mesures ne sera jamais appliquée — mais avec des moyens à la hauteur du fléau : investissement dans la collecte industrielle en mer, recherche sur la valorisation, exonération fiscale pour les populations et les entreprises touchées, et surtout la même attention que celle qu'on accorde aux algues vertes bretonnes.

Sécurité et lutte contre le narcotrafic. Renforcer massivement les moyens de police, de gendarmerie, de douanes et de justice dans les territoires ultramarins. Le narcotrafic n'est pas une fatalité — c'est le résultat d'un sous-investissement chronique dans la sécurité de ces territoires.


VI — La France est une grande nation maritime — qu'elle agisse comme telle

Je termine par ce qui me frappe le plus, à chacun de mes déplacements aux Antilles.

La France est l'une des plus grandes nations maritimes du monde. Son domaine maritime — le deuxième de la planète — est presque entièrement ultramarin. Ce sont nos outre-mer qui font de la France une puissance présente sur tous les océans, dans tous les fuseaux horaires, sous toutes les latitudes. Ce sont eux qui lui donnent sa richesse géographique, sa biodiversité, sa diversité humaine et culturelle. Et ce sont eux que la France néglige — par oubli plus que par mépris, je veux le croire, mais le résultat est le même.

On ne peut pas se proclamer grande puissance maritime et laisser ses territoires ultramarins sans eau potable fiable, sans routes praticables, sans hôpitaux dignes de ce nom. On ne peut pas brandir le deuxième domaine maritime mondial et abandonner les populations qui le peuplent au chlordécone, aux sargasses, au narcotrafic et à la vie chère. On ne peut pas parler en permanence des difficultés des banlieues métropolitaines — aussi réelles soient-elles — en omettant ce que vivent, dans un silence assourdissant, nos compatriotes de l'autre côté de l'océan.

Sept ministres des Outre-mer en trois ans. Sept. C'est le signe le plus clair de la place que l'État accorde à ces territoires dans sa hiérarchie des urgences. On nomme un ministre, il découvre le dossier, il fait un déplacement, il prononce un discours, il est remplacé. Et les problèmes restent.

La France est une promesse d'égalité. Cette promesse n'est pas tenue pour nos compatriotes ultramarins. Et un accord-cadre signé en catimini, sans consultation populaire, sans étude d'impact, sans le monde économique, ne changera rien à cette réalité.

Ce qu'il faut, c'est un acte refondateur : une nouvelle Constitution qui crée les pays d'outre-mer avec un statut digne et adapté, un plan massif d'investissement pour rattraper trente ans de retard, et surtout — surtout — le respect. Le respect de citoyens français qui ne demandent pas l'autonomie comme une faveur, mais l'égalité réelle comme un droit.


La Martinique n'a pas besoin d'un accord-cadre que personne n'a demandé. Elle a besoin d'un État qui tient ses promesses — et d'une Constitution qui lui donne enfin sa juste place.


Un Citoyen engagé — Juillet 2026


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