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Jean d’Orléans ne sera pas candidat en 2027 et c’est peut-être mieux ainsi





Jean d’Orléans ne sera pas candidat en 2027 et c’est peut-être mieux ainsi

J’avais osé espérer. Dans un article publié sur ce blog il y a quelques mois, je défendais l’idée d’une candidature transpartisane du prince Jean d’Orléans à l’élection présidentielle de 2027 , un homme au-dessus des partis, incarnant la continuité de la Nation, capable de rassembler les Français autour d’un projet institutionnel radicalement neuf. C’était un pari audacieux, peut-être naïf, certainement prématuré. Mais les idées ont besoin qu’on les formule, même quand elles sont en avance sur leur temps. Aujourd’hui, les faits m’obligent à constater que cette candidature ne se fera pas. Et à ouvrir une autre voie plus solide, plus réaliste, et peut-être plus conforme à l’idée monarchique elle-même.




I — Ce que fait le prince Jean : un engagement réel, mais pas une campagne

Rendons d’abord hommage à ce qu’est et à ce que fait Jean d’Orléans. Le comte de Paris, chef de la Maison royale de France, est un homme cultivé, formé, maîtrise de philosophie à la Sorbonne, maîtrise de droit, MBA, officier de cavalerie, consultant chez Lazard puis Deloitte et profondément attaché à la France. Il n’est pas un prince de salon : il est présent, visible, engagé.

Ces derniers mois, son activité en témoigne. On l’a vu aux commémorations de Camerone 2026, aux côtés du prince Albert II de Monaco preuve qu’il sait évoluer dans le registre des relations princières internationales. Il a rencontré le roi Willem-Alexander des Pays-Bas lors de sa visite officielle à Toulouse. Il a été intronisé dans la Grande Confrérie du Cassoulet de Castelnaudary ; sourions, mais c’est de l’ancrage territorial, et c’est essentiel. Il a lancé l’association « Route Henri IV » en Eure-et-Loir, sillonné le sud de la France Sète, Marseille et publié une tribune dans Ouest-France rendant hommage aux élus municipaux. Il a voyagé en Angleterre avec son fils Gaston, sur les traces de la famille d’Orléans en exil un geste de transmission qui dit beaucoup.

Surtout, ses prises de parole politiques se sont affirmées. Dans son message de vœux 2026, il a dénoncé une « société disloquée où règne la loi du plus fort » et critiqué les « oligarchies qui se sont accaparées le pouvoir et l’argent public ». Pour Boulevard Voltaire, il a dressé un constat sévère de la situation française et plaidé sans ambiguïté pour le retour de la monarchie. À l’occasion de ses 60 ans, il a appelé à retrouver « souveraineté, unité, liberté et justice », concluant par un « Ensemble, nous pouvons construire un avenir meilleur. Courage. Et que vive la France ! » qui résonnait comme un appel.

Tout cela est réel, et tout cela compte. Le prince Jean maintient vivante l’idée monarchique dans le débat public français, avec dignité et constance. Je le salue sincèrement.


II — Mais ce n’est pas une candidature, et elle ne viendra pas

Soyons lucides. Rien dans les activités récentes du comte de Paris ne suggère la préparation d’une candidature électorale. Son registre est celui du prince qui commente, qui s’ancre dans les territoires, qui tisse des liens , pas celui du candidat qui constitue une équipe, structure un programme, descend dans l’arène.

Il l’a d’ailleurs dit lui-même : il « se refuse d’appeler à voter pour un candidat ». Cette prudence est peut-être sage, mais elle traduit une réalité : le prince ne se conçoit pas comme un compétiteur électoral parmi d’autres, et c’est probablement juste. Faire descendre le chef de la Maison de France dans la boue d’une campagne présidentielle avec ses attaques, ses sondages, ses compromissions ce serait banaliser la fonction même qu’il incarne. On ne candidate pas pour devenir roi. On ne se soumet pas au suffrage pour incarner ce qui transcende le suffrage.

Les chiffres, par ailleurs, sont ce qu’ils sont : 17 % de Français favorables au rétablissement de la monarchie selon les derniers sondages disponibles. C’est considérable culturellement bien plus que ce que la classe politique et médiatique veut bien admettre. Mais c’est insuffisant électoralement pour porter une candidature au premier tour, sans machine de parti, sans couverture médiatique, et dans un scrutin à cinq ou six candidats sérieux.

L’espoir que j’avais formulé dans mon article sur la candidature transpartisane du prince Jean était intellectuellement cohérent et je ne regrette pas de l’avoir écrit, parce qu’il posait la question dans le débat. Mais les faits me conduisent aujourd’hui à reconnaître que cette voie ne s’ouvrira pas en 2027. Pas par faiblesse du prince, mais parce que le moment, les conditions et le véhicule n’y sont pas.


III — La voie réaliste : une droite élue qui soumet la question au peuple

Si la candidature directe n’est pas le bon véhicule, quel est-il ? La réponse, je la porte sur ce blog depuis des mois, dans mon plan des 100 jours et dans mon projet de Constitution : c’est le référendum constitutionnel, proposé par une droite de gouvernement élue en 2027.

Reprenons le raisonnement. L’élection présidentielle de 2027 peut porter au pouvoir une droite libérale et conservatrice assumée, un Retailleau, un Lisnard, ou un candidat de cette famille politique qui ferait de la révision constitutionnelle un axe majeur de son mandat. Et parmi les questions soumises au peuple, celle-ci : la France doit-elle se doter d’une monarchie parlementaire ?

Non plus comme une idée de blogueur, ni comme le rêve nostalgique d’un mouvement minoritaire, mais comme une question institutionnelle sérieuse, soumise au suffrage universel direct. Voulez-vous un chef d’État non partisan, arbitre de la vie politique, incarnation de la continuité de la Nation ou voulez-vous continuer avec le système actuel, qui a produit Macron, Hollande, et l’instabilité permanente ?

C’est au peuple de trancher. Et c’est, en réalité, bien plus conforme à l’idée monarchique elle-même qu’une candidature du prince à l’élection. Car un roi ne se fait pas élire président, il est appelé par le peuple à incarner une institution. Le référendum est cet appel. La candidature ne l’est pas.


IV — Pourquoi la monarchie parlementaire est la réponse à la crise française

Récapitulons les arguments que j’ai développés article après article sur ce blog, car ils n’ont pas pris une ride au contraire, chaque semaine de crise les renforce.

La Ve République est à bout de souffle. Cinq Premiers ministres en trois ans, une Assemblée ingouvernable, un président qui concentre tous les pouvoirs sans avoir les moyens de les exercer, un Parlement réduit à l’impuissance ou à l’obstruction. Le système ne fonctionne plus. Non pas parce que les hommes sont mauvais — mais parce que les institutions les poussent à l’affrontement permanent plutôt qu’à la coopération.

Un chef d’État non partisan résout le problème central. La présidence de la République, telle qu’elle existe, fait du chef de l’État le chef d’un camp. Il est élu par une partie des Français contre l’autre. Dès le lendemain de l’élection, la moitié du pays le rejette. Un roi, lui, n’appartient à aucun parti. Il incarne la continuité de la Nation au-dessus des alternances. Il arbitre la formation des gouvernements sans être lui-même l’enjeu de la bataille. Il peut dissoudre, nommer, arbitrer mais il ne gouverne pas. Le gouvernement gouverne, le Parlement légifère et contrôle, le roi garantit la stabilité et l’unité.

Les monarchies parlementaires européennes fonctionnent. Le Danemark, la Suède, la Norvège, les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, le Royaume-Uni toutes ces démocraties sont parmi les plus stables, les plus prospères et les plus libres du monde. Aucune n’a connu la crise institutionnelle permanente qui ronge la France depuis vingt ans. Ce n’est pas un hasard : la monarchie constitutionnelle offre un cadre de stabilité que la République présidentielle ne parvient plus à garantir.

La décentralisation devient naturelle. Dans mon projet de Constitution, la monarchie s’accompagne de la création de provinces dotées d’un pouvoir réglementaire réel, d’un Conseil des provinces où chaque territoire fait entendre sa voix, et d’une subsidiarité effective. Le roi est la clé de voûte qui garantit l’unité pendant que les provinces vivent leur autonomie. Là où la République jacobine croit préserver l’unité en uniformisant tout, la monarchie décentralisée la préserve mieux, en laissant vivre les diversités sous l’égide d’un arbitre commun.

Le prince Jean est prêt. Il a la formation philosophie, droit, finance, commandement militaire. Il a l’ancrage, six enfants, enracinement dans le sud de la France, présence sur tout le territoire. Il a la vision , ses prises de parole le montrent. Et surtout, il a ce que nul candidat républicain ne peut avoir : la légitimité historique de 1 300 ans de monarchie capétienne, la filiation directe avec les 40 rois qui ont fait la France. Non pas une légitimité électorale éphémère, renouvelable tous les cinq ans mais une légitimité de continuité, qui inscrit la France dans son histoire longue plutôt que dans l’éternel recommencement des quinquennats.


V — Ce que je propose concrètement : le référendum constitutionnel

Dans mon plan des 100 jours pour la refondation de la France, je propose que le gouvernement soumette au peuple, le même jour, quatre référendums fondateurs dont le premier porte précisément sur une nouvelle Constitution. Voici ce qu’il contiendrait :

Une monarchie parlementaire avec un roi chef de l’État, arbitre non partisan, garant de l’unité nationale et de la continuité de l’État. Un gouvernement issu de la majorité parlementaire, responsable devant l’Assemblée, dirigé par un Premier ministre qui gouverne. Une Assemblée nationale resserrée à 400 députés élus par un double suffrage simultané majoritaire et proportionnel. Un Sénat rééquilibré. Un Conseil des provinces où chaque territoire fait entendre sa voix. Des provinces remplaçant le millefeuille régions-départements, dotées d’un véritable pouvoir réglementaire et d’une autonomie fiscale. La fin du gouvernement des juges par la réforme des hautes institutions juridiques. Et le référendum ouvert à tous les sujets, pour que le peuple garde toujours le dernier mot.

J’ai rédigé l’intégralité de ce projet de Constitution sur ce blog 19 titres, 70 articles, une Charte royale. Ce n’est pas un rêve : c’est un texte prêt à être soumis au débat, amendé, enrichi, et soumis au peuple.


VI — Et si c’était le moment ?

Je termine par cette intuition, que je soumets à la réflexion de mes lecteurs.

La France traverse une crise de confiance sans précédent. Les Français ne croient plus en leurs institutions. Ils ne croient plus en leurs dirigeants. Ils ne croient plus en l’avenir de leur pays. Vingt-sept pour cent d’entre eux déclarent vouloir partir vivre à l’étranger. La moitié ne fait plus confiance à aucun parti politique. Le désenchantement est total.

Dans ce vide, les solutions classiques ont échoué. La gauche propose toujours plus de redistribution et la pauvreté augmente. Le centre propose l’« en-même-temps » et personne ne sait plus ce qu’il veut dire. La droite traditionnelle propose des réformes et l’appareil d’État les neutralise. L’extrême droite propose la colère et la colère ne construit rien.

Et si le peuple français, confronté à cette impasse, était prêt à poser la question que personne n’ose formuler dans le débat officiel ? Et si, pour la première fois depuis 1870, on demandait aux Français non pas quel homme ils veulent comme président, mais quel système ils veulent pour se gouverner ?

Jean d’Orléans ne sera pas candidat en 2027. Mais le peuple français pourrait être appelé, en 2027, à décider si la France veut un roi. Et cette question, au fond, est plus grande que n’importe quelle candidature.

Je l’ai rêvée comme une candidature. Elle sera peut-être, plus grandement encore, un référendum. C’est au peuple de trancher et c’est la seule voie digne de l’idée qu’elle porte.

La monarchie ne se candidate pas. Elle se propose. Et c’est au peuple souverain de dire oui.


Citoyen engagé — Juin 2026




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