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La gauche saison 2026, épisode final : quand le naufrage devient un spectacle



Ségolène Royal qui revient — vingt ans après — avec le même slogan. Faure désavoué par ses propres militants, qui refuse de démissionner. Mélenchon qui qualifie la présomption de légitime défense des policiers de « permis de tuer XXL » et lance des pétitions comme d'autres lancent des sortilèges. Et en toile de fond, un Parti socialiste empêtré dans une « primaire fermée » dont l'unique horizon n'est pas de proposer un avenir aux Français, mais d'empêcher Le Pen d'accéder au pouvoir. Le vote contre comme seul projet. L'anti comme seule identité. Et la médiocrité comme seule constante. Installez-vous, le spectacle est gratuit et il est consternant.


I — Mélenchon et le « permis de tuer XXL » : l'outrance comme dernier carburant

Commençons par le gourou, puisqu'il donne le la.

Le 7 juillet 2026, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture, par 313 voix contre 199, la proposition de loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions. Une présomption dite « simple » — c'est-à-dire renversable par la preuve contraire. Un texte porté par le député LR Éric Pauget, soutenu par le gouvernement, voté par la majorité présidentielle et le RN.

On peut discuter de ce texte. On peut le trouver mal calibré, insuffisamment encadré, ou au contraire nécessaire face à l'explosion des violences contre les forces de l'ordre. C'est un débat légitime, et des juristes sérieux des deux côtés l'alimentent.

Mais ce n'est pas un débat que Mélenchon veut mener. Ce qu'il veut, c'est un slogan. Et le voici : « permis de tuer XXL ». Trois mots, martelés sur toutes les plateformes, dans toutes les vidéos, sur tous les réseaux. Une pétition lancée dans la foulée — 500 000 signatures revendiquées en 48 heures. Un appel à l'abrogation dès 2027 « par la victoire de Jean-Luc Mélenchon ». Le site de LFI titre : « Une loi assassine. »

Assassine. Les policiers qui risquent leur vie chaque nuit dans les quartiers sont donc des assassins en puissance. Les gendarmes qui interviennent sous les tirs de mortiers sont des tueurs potentiels qu'il faut entraver plutôt que protéger. C'est la logique mélenchoniste poussée à son terme : l'État est l'ennemi, les forces de l'ordre sont suspectes par nature, et toute loi qui les protège est une loi « fasciste ».

Claude Malhuret, dans un de ses discours au Sénat qui font mouche, a trouvé la formule qui résume tout le mélenchonisme : des gens qui « lèchent les bottes des mollahs » tout en prétendant défendre les libertés. L'outrance permanente, la victimisation systématique, et au bout du compte une seule stratégie : attiser la colère, diviser le pays, et espérer ramasser les morceaux dans les urnes. Mélenchon ne fait pas de politique — il fait de l'incendie. Et il appelle ça de la « résistance ».


II — Faure : le capitaine du Titanic qui refuse de quitter la passerelle

Changeons de registre — passons du dangereux au pathétique.

Jeudi 9 juillet 2026, les militants du Parti socialiste étaient appelés à voter sur le périmètre de leur primaire présidentielle. Deux options : une primaire ouverte aux sympathisants, défendue par Olivier Faure, premier secrétaire du parti ; ou une primaire fermée, réservée aux seuls adhérents du PS et de Place publique, défendue par ses opposants internes, Boris Vallaud en tête.

Le résultat est tombé dans la nuit : 55,5 % pour la primaire fermée. Un désaveu net, clair, sans ambiguïté. Les militants de Faure ont voté contre Faure. Le premier secrétaire du parti est minoritaire dans son propre parti.

Et que fait Faure ? Il refuse de démissionner. « La question hier n'était pas de savoir si je démissionne », explique-t-il sur France Info, avec ce mélange de déni et de suffisance qui caractérise la classe politique française quand elle est acculée. Il concède des « regrets » devant ce qu'il qualifie, avec un euphémisme savoureux, de « toute petite primaire ». Et il annonce qu'il décidera « le moment venu » s'il se présente à cette primaire qu'il n'a pas voulue, dans le format qu'il a combattu, devant un corps électoral qui vient de le désavouer. On croit rêver.

Mais le plus révélateur n'est pas la défaite de Faure — c'est ce qu'elle dit du PS en 2026. Un parti dont le premier secrétaire est minoritaire. Un parti dont le seul candidat déclaré à la primaire est un député de l'Eure que personne ne connaît. Un parti dont le poids lourd attendu — Raphaël Glucksmann — n'a toujours pas dit s'il participerait. Et un parti dont l'unique boussole, depuis des mois, n'est pas un programme mais un ennemi : Marine Le Pen.

Empêcher Le Pen. C'est le seul projet. La seule raison d'être. La seule chose qui tient ensemble les morceaux d'un parti sans idées, sans leader, sans crédibilité économique. Le programme ? Personne ne le juge réaliste — tout au plus une comptine pour enfants naïfs : taxer les riches, redistribuer plus, dépenser sans compter, et tout ira mieux. Les Français n'y croient plus. Mais Faure s'accroche, parce que le vote « contre » est tellement plus facile que le vote d'adhésion. Quand on n'a rien à proposer, il reste toujours Le Pen à combattre.

Et quand on regarde l'histoire récente — les municipales où le PS s'est effondré, les présidentielles où il a frôlé la disparition — on sait comment finit cette histoire. Faure ne tardera pas à aller lécher les pieds des Insoumis pour sauver ses derniers meubles, comme les Insoumis lèchent les bottes des mollahs, pour reprendre la formule cinglante de Claude Malhuret. La spirale de l'abaissement est le destin naturel de ceux qui n'ont plus de convictions — seulement des calculs.


III — Ségolène Royal : le retour de la revenante

Et comme si le spectacle n'était pas assez consternant, voilà que surgit des limbes politiques la figure la plus improbable de toutes : Ségolène Royal, qui annonce ce vendredi 10 juillet 2026 — aujourd'hui même — sa candidature à la primaire socialiste.

Vingt ans. Vingt ans après sa défaite face à Sarkozy en 2007. Vingt ans après la « France tranquille » et l'« ordre juste ». Et devinez son slogan pour 2027 ? « La France tranquille et l'ordre juste. » Le même. Mot pour mot. Comme si le temps s'était arrêté. Comme si rien ne s'était passé en vingt ans — ni la crise financière, ni le terrorisme, ni l'effondrement du PS, ni Macron, ni les gilets jaunes, ni le Covid, ni les émeutes. Le même slogan. La même femme. Le même déni du réel.

« Je prends cette initiative avec humilité, sans égo, et sans posture de supériorité comme on en voit trop », écrit-elle sur X. Sans égo. Ségolène Royal. L'ironie est si épaisse qu'on pourrait la découper au couteau.

Et sa motivation affichée ? Non pas un programme, non pas une vision, non pas une solution aux crises qui ravagent le pays. Non : « Comment pourrais-je ne rien faire face à l'hypothèse selon laquelle la première femme de l'histoire de France qui accèderait à la présidence en serait issue ? » — « en » désignant l'extrême droite. Autrement dit : je ne me présente pas pour proposer quelque chose aux Français, mais pour empêcher Marine Le Pen d'être la première présidente. L'anti-Le Pen comme seul horizon. L'obstruction comme seul programme. Le féminisme comme prétexte.

Voilà où en est le Parti socialiste en 2026 : un premier secrétaire désavoué qui refuse de partir, un candidat fantôme (Glucksmann) qui ne dit pas s'il vient, et une revenante de 73 ans qui ressort le même slogan qu'il y a vingt ans en espérant que personne ne s'en souvienne. La gauche sociale-démocrate française n'est plus un parti — c'est un hospice.


IV — Le « permis de tuer » et le Parti socialiste : la même maladie

Ce qui relie ces trois épisodes — l'outrance mélenchoniste, le naufrage fauriste, le retour royal — c'est une maladie commune. La même qui ronge toute la gauche française depuis vingt ans : l'incapacité à proposer, et donc la fuite dans la dénonciation.

Mélenchon ne propose pas une politique de sécurité — il dénonce un « permis de tuer ». Faure ne propose pas un programme économique crédible — il dénonce Le Pen. Royal ne propose pas une vision de la France — elle dénonce le risque d'une femme « issue de l'extrême droite » au pouvoir. Partout, la même structure : je n'ai rien à offrir, donc je m'attaque à ceux qui proposent quelque chose.

C'est la définition même de l'impuissance politique : quand on ne sait plus quoi construire, on démolit. Quand on n'a plus de projet, on fabrique des repoussoirs. Quand on n'a plus d'électeurs d'adhésion, on essaie de rassembler des électeurs de rejet.

Et le résultat est mathématique : la gauche, toutes composantes confondues, est structurellement incapable de gagner une élection présidentielle sur un vote d'adhésion. Elle ne peut espérer le pouvoir que par le rejet de l'extrême droite — c'est-à-dire par la peur, non par la confiance. C'est une politique d'assistanat électoral : survivre grâce au vote « contre », comme on survit grâce aux allocations, sans jamais se demander ce qu'on produit soi-même.


V — La droite de conviction face au naufrage : l'alternative existe

Face à ce naufrage, la tentation serait de ricaner — et je ne m'en prive pas. Mais il faut aussi dire ce que nous proposons, nous, pendant que la gauche se noie.

Car l'alternative existe. Elle s'appelle David Lisnard, à Saint-Raphaël et à Bayeux. Elle s'appelle Bruno Retailleau, au Parc floral. Elle s'appelle la feuille de route que je développe sur ce blog : les 100 jours pour tout changer, les quatre référendums le même jour, les provinces, la souveraineté, la fin du gouvernement des juges.

La différence entre la gauche et nous ? Nous avons un programme. Pas un ennemi — un programme. Pas une peur — une ambition. Pas un slogan de 2007 — une vision de 2027.

Lisnard le dit mieux que personne à Saint-Raphaël : « Pourquoi vouloir à nouveau tenter de nous dire que le seul choix rationnel et raisonnable en 2027 serait de reconduire ceux qui ont gouverné et échoué ? » Cette question ne vise pas seulement Philippe et Wauquiez — elle vise aussi, et peut-être surtout, cette gauche qui n'a d'autre projet que d'empêcher les autres d'arriver au pouvoir, faute d'avoir les idées pour y arriver elle-même.

Les Français ne veulent plus du vote contre. Ils veulent un vote pour. Pour la liberté. Pour l'autorité. Pour la souveraineté. Pour un pays qui produit avant de redistribuer, qui protège avant de s'excuser, et qui regarde son avenir en face au lieu de recycler ses fantômes.

La gauche a un problème : elle n'a plus rien à proposer. La droite de conviction a une chance : elle a tout à construire. Et les Français savent faire la différence entre un programme et une pétition de 500 000 signatures.



Un Citoyen engagé — Juillet 2026



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