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Pendant que l'extrême droite avance partout en Europe, Édouard Philippe propose « des efforts justes et partagés »... Ils n'ont vraiment rien compris



De l'Italie à l'Autriche, de l'Allemagne au Portugal, de la Tchéquie aux Pays-Bas, l'extrême droite ne cesse de progresser en Europe. Dans six pays de l'Union, elle est au pouvoir ou en coalition. Dans sept pays, elle dépasse un tiers des voix. Le phénomène est continental, structurel, et il s'accélère. Et pendant ce temps, que propose le candidat du bloc central français ? « Des efforts justes, partagés et étalés dans le temps. » C'est beau. C'est rond. C'est creux. C'est exactement le type de discours qui a fabriqué la vague que ces gens-là prétendent combattre. L'extrême droite n'est pas la maladie elle est le symptôme. Et tant que les partis de gouvernement refuseront de le comprendre, elle continuera de monter.



I — La poussée de l'extrême droite en Europe : un fait continental, pas un accident

Commençons par regarder la carte, parce qu'elle parle d'elle-même.

L'extrême droite est aujourd'hui au pouvoir ou en coalition dans six pays de l'Union européenne : l'Italie de Giorgia Meloni, la République tchèque d'Andrej Babiš, la Finlande, la Slovaquie, la Croatie — et elle soutient sans participation le gouvernement suédois. En Autriche, le FPÖ a remporté les législatives de septembre 2024 avec un score historique de 29 %, avant d'être écarté du pouvoir par un cordon sanitaire qui ne tiendra pas éternellement.

Aux élections européennes de juin 2024, l'extrême droite est arrivée en tête dans cinq pays : Autriche, Belgique, France, Hongrie, Italie. En scores cumulés, elle dépasse un tiers des voix dans sept pays : Hongrie (57 %), Pologne (48 %), Tchéquie (42 %), Italie (38 %), Slovaquie (37,5 %), France (37 %), Lettonie (36 %).

En Allemagne, l'AfD a enregistré en février 2025 ses meilleurs résultats historiques lors d'élections fédérales. Au Portugal, Chega a atteint des scores jamais vus depuis la fin de la dictature de Salazar. En France, le RN compte 123 députés à l'Assemblée nationale — un record absolu.

Seuls quelques pays échappent encore au phénomène — l'Irlande, Malte, le Luxembourg — mais ils font figure d'exceptions. La vague est continentale, elle est structurelle, et elle s'accélère à chaque scrutin.

Il serait confortable de l'expliquer par la bêtise des peuples, le racisme latent des masses, ou la manipulation des réseaux sociaux. C'est d'ailleurs ce que font, avec une régularité de métronome, les éditorialistes progressistes et les partis de gouvernement. « Les gens ne comprennent pas. » « Ils se laissent manipuler. » « Il faut mieux leur expliquer. » Et si c'étaient eux, les partis de gouvernement, qui ne comprenaient pas ?


II — L'aveuglement des partis de gouvernement : le vrai responsable

La montée de l'extrême droite en Europe n'est pas un phénomène spontané. Elle est la conséquence directe, mécanique, prévisible, de l'aveuglement des partis dits « de gouvernement » — ceux qui, de la social-démocratie au centre-droit, ont gouverné l'Europe depuis trente ans et ont échoué sur tous les sujets qui comptent pour les citoyens ordinaires.

L'immigration. Pendant des décennies, ces partis ont refusé de maîtriser les flux migratoires, ont démantelé les frontières au nom de Schengen, ont accueilli sans intégrer, et ont qualifié de « racistes » tous ceux qui osaient poser la question. Résultat : les peuples européens ne se sentent plus chez eux dans leurs propres quartiers — et ils votent pour ceux qui promettent de reprendre le contrôle.

Le pouvoir d'achat. Les classes moyennes et populaires ont vu leur niveau de vie stagner ou reculer pendant que la mondialisation enrichissait les métropoles et appauvrissait les périphéries. La désindustrialisation a vidé des régions entières de leurs emplois. Les accords de libre-échange ont ouvert les marchés européens à une concurrence déloyale sans protection suffisante. Et les partis de gouvernement ont répondu par des aides sociales — jamais par une politique de production et de compétitivité.

La souveraineté. Les citoyens européens constatent, scrutin après scrutin, que leur vote ne change plus rien — parce que les décisions réelles se prennent à Bruxelles, à Francfort ou à Strasbourg, dans des instances qu'ils n'ont pas élues et qu'ils ne contrôlent pas. La Commission européenne produit des normes, la CEDH dicte la jurisprudence, et les gouvernements nationaux gèrent la marge. À quoi sert de voter si l'alternance ne change rien ?

L'identité. Le progressisme culturel des élites — wokisme, déconstruction, relativisme moral, culpabilité postcoloniale — a créé un fossé béant avec les peuples qui ne reconnaissent plus leurs pays, leurs écoles, leurs valeurs. Les partis de gouvernement ont épousé cette idéologie minoritaire en pensant incarner le « progrès » — et ils ont perdu le contact avec la majorité silencieuse.

C'est cela, le terreau de l'extrême droite. Pas le racisme. Pas la bêtise. L'abandon. L'abandon des classes populaires, de la souveraineté, des frontières, de l'identité — par des partis qui, sous couvert de progressisme idéologique, ne répondent plus aux attentes de leurs concitoyens. L'extrême droite avance dans le vide qu'ils ont créé.


III — Édouard Philippe ou la quintessence du problème

Et nulle part ce mécanisme n'est aussi visible qu'en France — où un homme incarne à la perfection tout ce qui a fabriqué la vague.

Le 5 juillet 2026, Édouard Philippe a lancé sa campagne présidentielle à l'Adidas Arena de Paris, devant quelque 5 200 personnes. Son slogan : « Croire en nous. » Son message central : « Je demanderai des efforts, mais des efforts justes, partagés et étalés dans le temps. » Il promet de « préserver les ouvriers, les salariés modestes, les indépendants », tout en demandant aux retraités de « contribuer davantage au financement de notre modèle social ». Il veut « rattraper le temps perdu » et ramener le déficit à 2 % d'ici 2032.

C'est propre. C'est carré. C'est exactement le discours d'un énarque brillant qui n'a pas compris que le pays ne veut plus de ce langage.

Car que dit réellement ce discours ? Il dit : faisons la même chose, en mieux, plus proprement, avec un peu plus de rigueur budgétaire. Ajustons les paramètres. Étalons les efforts. Gardons le cap — mais avec des demi-mesures mieux présentées. C'est le macronisme optimisé, le macronisme version 2.0, le macronisme sans Macron mais avec le même logiciel.

Et les Français ne s'y trompent pas. Un sondage Odoxa-Backbone pour le Figaro, publié le 4 juillet, est dévastateur : 64 % des Français estiment qu'Édouard Philippe est mal placé pour incarner une rupture avec le président sortant. Soixante-quatre pour cent. Les deux tiers du pays voient en lui, non pas l'alternative, mais la continuité.

Philippe n'a d'ailleurs pas prononcé le nom d'Emmanuel Macron dans son discours — se contentant d'allusions pas forcément flatteuses. Mais comment se distancier d'un bilan dont on est comptable ? Il fut Premier ministre de Macron de 2017 à 2020. Les gilets jaunes, c'est lui. La réforme des retraites avortée, c'est lui. Le premier confinement, c'est lui. Manuel Bompard a beau jeu de rappeler qu'on « ne peut pas dire que la parole populaire ait été particulièrement entendue » sous son autorité.

Et pendant que Philippe parle d'« efforts étalés dans le temps », David Lisnard, depuis Saint-Raphaël, pose la vraie question : « Pourquoi vouloir à nouveau tenter de nous dire que le seul choix rationnel et raisonnable en 2027 serait de reconduire ceux qui ont gouverné et échoué ? »


IV — Wauquiez, ou la girouette érigée en méthode

Et comme si le spectacle du recyclage philippiste ne suffisait pas, il a fallu que Laurent Wauquiez y ajoute la touche finale : celle de la trahison opportuniste élevée au rang de stratégie politique.

Le 1er juillet 2026 — trois jours avant le meeting de Saint-Raphaël de Lisnard et quatre jours avant celui de Philippe — Wauquiez, président du groupe Droite Républicaine à l'Assemblée, accorde un entretien au Figaro dans lequel il tourne publiquement le dos à Bruno Retailleau, candidat investi par son propre parti, pour se rallier à Édouard Philippe. « Par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes, je crois qu'Édouard Philippe peut incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France. » Et d'ajouter, à l'adresse de Retailleau : « Il faut, le plus tôt possible, savoir se retirer si c'est nécessaire. »

Mesurons le culot de la manœuvre. Voici un homme qui, l'an dernier encore, dénonçait Philippe comme l'incarnation du « macronisme sans Macron ». Voici un homme dont les vidéos refont surface, où il énumère une longue série de reproches sur le passage à Matignon de celui qu'il soutient désormais. Voici un homme qui a été sèchement battu par Retailleau à la présidence de LR en mai 2025, et qui, depuis, n'a cessé de saboter le candidat que les militants ont choisi.

Ses propres collègues ne s'y trompent pas. Le sénateur Max Brisson : « S'il veut aller à la soupe, qu'il se dépêche » — en l'accusant d'« insincérité » et de « revirements ». L'ex-député Julien Aubert : « Dix années d'opposition au macronisme le conduisent à imaginer soutenir son héritier. » L'eurodéputée Céline Imart, cinglante : « C'est beau, la constance des convictions. Il y a un an, Édouard Philippe incarnait le macronisme sans Macron, et il serait devenu la meilleure incarnation de la droite ? » Un proche de Retailleau résume le tout : « Wauquiez joue le rôle qu'il maîtrise le mieux : il manœuvre pour tirer contre son camp. Quitte à perdre le peu de crédibilité qu'il lui reste. »

Ce qui rend l'épisode Wauquiez si révélateur, c'est qu'il incarne, à lui seul, tout ce que les Français rejettent de la politique française : le calcul permanent, l'absence de conviction, le positionnement personnel au détriment du bien commun, et cette capacité stupéfiante à changer d'avis en fonction du dernier sondage. Un homme qui prônait la primaire ouverte — comme Lisnard — mais qui, plutôt que de s'y tenir, préfère se rallier au centre-droit mou de la continuité pour espérer son maroquin après 2027. Pathétique.

Et c'est précisément cette politique-là — celle des combinaisons de couloir, des ralliements de circonstance, des « guerriers du rassemblement » qui ne rassemblent que leurs ambitions personnelles — qui fabrique le vote extrême. Quand les Français voient Wauquiez trahir son camp pour rejoindre celui qu'il combattait hier, ils ne se disent pas « voilà un homme pragmatique ». Ils se disent : « Ils sont tous les mêmes. » Et ils votent RN.


V — L'Europe vampirique : le miroir déformant de nos lâchetés

Le troisième étage de cet aveuglement, c'est l'Union européenne elle-même — devenue le miroir déformant dans lequel nos politiciens se contemplent, et ne voient qu'eux-mêmes.

Car qu'est devenue l'Union européenne ? Plus une construction au service des peuples — mais une machine à produire des normes que personne n'a demandées, à imposer des politiques que les citoyens ont rejetées dans les urnes, et à satisfaire les demandes de minorités militantes au détriment de la grande majorité.

L'UE réglemente nos ampoules, nos aspirateurs, nos voitures, nos chaudières, notre agriculture — et se montre incapable de protéger ses frontières extérieures. Elle négocie des accords de libre-échange qui ruinent nos producteurs — et ne parvient pas à obtenir la réciprocité commerciale. Elle condamne les pays qui veulent maîtriser leur immigration — et reste impuissante face aux passeurs. Elle édicte des directives environnementales punitives — et ne produit aucune croissance.

À quoi sert la démocratie et le jeu des alternances si, quel que soit le gouvernement élu dans chaque pays, la politique réelle est dictée par une Commission européenne non élue, corrigée par une Cour de justice qui légifère, et encadrée par une CEDH qui empêche les États d'expulser les délinquants étrangers ?

L'extrême droite prospère sur cette impuissance organisée. Et elle a, sur ce point précis, un diagnostic juste — même si ses réponses sont souvent simplistes. Quand Herbert Kickl, leader du FPÖ autrichien, dénonce la « perte de souveraineté » au profit de Bruxelles, il dit ce que pensent des millions d'Européens. Quand Meloni critique les quotas d'immigration imposés par l'UE, elle exprime une exaspération légitime. Le fait que ces critiques soient portées par l'extrême droite ne les rend pas fausses — cela prouve simplement que les partis de gouvernement ont renoncé à les porter eux-mêmes.

C'est la faillite la plus profonde des « partis de gouvernement » européens : ils ont abandonné la souveraineté au nom de la construction européenne, puis se sont étonnés que les peuples se tournent vers ceux qui promettent de la reprendre.

VI — Lisnard : la preuve qu'on peut renverser la table sans tomber dans l'extrémisme

Et c'est ici que le débat français devient passionnant — parce qu'il existe, au sein même de la droite, un homme qui porte un discours de rupture radicale sans jamais céder au populisme ni à l'extrémisme idéologique.

David Lisnard a prononcé, en deux semaines, les deux discours les plus importants de cette pré-campagne présidentielle.

À Bayeux, le 17 juin, sur la place du Général-de-Gaulle, quatre-vingts ans jour pour jour après le discours fondateur de De Gaulle, il a posé les bases d'une refondation institutionnelle complète. Septennat. Provinces remplaçant les régions et départements, sur le modèle de la carte dessinée en 1947 par Michel Debré. Référendum ouvert à tous les sujets par la libération de l'article 11. Primauté du droit français sur la CEDH par la révision de l'article 55. Fin de la « captation » du pouvoir par les juges du Conseil constitutionnel. Séparation effective d'un président qui préside et d'un Premier ministre qui gouverne. Subsidiarité radicale avec la commune comme socle. Contrepoints, le site libéral de référence, l'a qualifié d'« homme dont la pensée est la mieux structurée, du point de vue d'un libéral. »

À Saint-Raphaël, le 3 juillet, pour le lancement officiel de sa campagne sous l'étiquette Nouvelle Énergie — ayant quitté Les Républicains qui refusaient la primaire ouverte — il a attaqué frontalement le système. Devant 1 500 personnes, il a dénoncé « une caste prête à tout pour se maintenir au pouvoir », « un petit monde parisianiste qui se connaît bien, qui fréquente les mêmes cercles, les mêmes lieux de pouvoir ». Il a promis de « prendre la main sur l'appareil d'État » avec « moins de règles et de meilleures règles, mais fortes et respectées ». Et il a posé la seule question qui vaille : « Pourquoi vouloir à nouveau tenter de nous dire que le seul choix rationnel et raisonnable en 2027 serait de reconduire ceux qui ont gouverné et échoué ? »

La différence entre Lisnard et l'extrême droite est fondamentale. L'extrême droite désigne des boucs émissaires. Lisnard désigne un système. L'extrême droite promet de tout casser. Lisnard propose de tout reconstruire — avec méthode, avec un programme structuré, avec une vision institutionnelle complète. L'extrême droite joue sur la colère. Lisnard joue sur la compétence et la conviction.


VII — Ce que nous proposons : la rupture par le haut

C'est précisément ce que je défends sur ce blog depuis des mois. Et je mesure, avec un mélange de satisfaction et d'impatience, à quel point les idées que je développe ici trouvent aujourd'hui un écho dans le discours de Lisnard — et dans l'attente de millions de Français.

La réponse à l'extrême droite n'est pas le centrisme tiède d'Édouard Philippe. Ce discours-là a fabriqué le problème — il ne peut pas être la solution. Proposer « des efforts étalés dans le temps » à un pays qui demande une rupture, c'est prescrire de l'aspirine à un patient en arrêt cardiaque.

La réponse, c'est une droite de conviction qui ose dire ce que l'extrême droite dit mal, et qui sait faire ce que l'extrême droite ne sait pas faire : gouverner avec un programme, une méthode, et une vision des institutions.

Cette vision, je l'ai détaillée dans mon plan des 100 jours : un spoil system immédiat pour reprendre la main sur l'appareil d'État, des ordonnances pour réformer en profondeur, et quatre référendums le même jour — Constitution, code pénal, immigration, Europe — pour rendre au peuple le pouvoir de trancher les choix qui engagent son destin.

Les provinces de Lisnard, c'est mon projet. La souveraineté face à la CEDH, c'est mon projet. Le référendum ouvert à tous les sujets, c'est mon projet. La fin du gouvernement des juges, c'est mon projet. La rupture avec le macronisme, c'est mon projet depuis le premier article de ce blog.

La différence entre nous et l'extrême droite, c'est que nous avons un programme. Pas un slogan — un programme. Pas une colère — une méthode. Pas un homme providentiel — des institutions. Et c'est cela, et cela seul, qui peut couper l'herbe sous le pied des extrêmes : offrir aux Français la rupture qu'ils réclament, sans les dérives qu'ils redoutent.


VIII — Le choix de 2027 : la rupture ou le suicide collectif

Le choix qui se dessine pour 2027 est d'une clarté aveuglante.

D'un côté, le recyclage : Philippe, Attal, le bloc central — des hommes et des femmes comptables du bilan Macron, prisonniers de son logiciel, incapables d'incarner la rupture que 64 % des Français jugent nécessaire. S'ils l'emportent, ils achèveront de démontrer aux Français que le vote ne sert à rien — et l'extrême droite explosera au scrutin suivant, si ce n'est à celui-ci.

De l'autre, l'extrémisme : le RN et ses promesses sans structure, sa colère sans programme, son populisme sans institutions. L'extrême droite est le miroir de l'échec des partis de gouvernement — pas une alternative.

Et entre les deux, un espace : celui d'une droite de conviction, libérale dans son économie, conservatrice dans ses valeurs, souveraniste dans ses institutions. Une droite qui dit la vérité sans se cacher derrière le langage énarque, qui propose des réformes radicales sans tomber dans la démagogie, et qui a un plan — pas un slogan.

Lisnard incarne cette voie. Mon blog la documente. Et les Français, dans leur immense majorité, l'attendent — parce qu'ils savent, au fond, que ni le recyclage ni l'extrémisme ne les sauveront.

L'extrême droite avance partout en Europe parce que les partis de gouvernement ont déserté. La solution n'est pas de leur courir après — c'est de remplir le vide qu'ils ont laissé. Avec des idées, une méthode, et le courage de les appliquer.



Un Citoyen engagé — Juillet 2026



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