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Quand les juges gouvernent l’Europe : pourquoi la France doit reprendre la main

Dernière mise à jour : 29 déc. 2025




De la CJUE au “machin” gaullien : l’heure d’un sursaut souverain approche

Un arrêt qui change tout — ou révèle tout

Le 18 décembre 2025, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu un arrêt qui, selon l’analyse publiée par Boulevard Voltaire, marque un tournant historique : pour la première fois, la Cour aurait affirmé explicitement la primauté de sa jurisprudence sur les Constitutions nationales. Un geste présenté comme technique, mais dont la portée politique est immense.

Selon cet article, la CJUE ne se contente plus d’imposer la primauté du droit européen sur les lois ordinaires — principe ancien — mais revendique désormais le dernier mot même face aux Constitutions. Autrement dit : un organe non élu, extérieur aux nations, s’arrogerait le pouvoir de dire ce qu’un peuple souverain peut ou ne peut pas inscrire dans sa loi fondamentale.

Pour beaucoup, cet arrêt n’est pas un accident. Il serait l’aboutissement d’une dérive plus large :

  • extension progressive des compétences européennes,

  • effacement du principe d’attribution,

  • montée d’un « gouvernement des juges »,

  • marginalisation des États dans les domaines régaliens.

Cette lecture rejoint une inquiétude croissante en France : celle d’une Union européenne qui, loin de se limiter aux compétences que les États lui ont confiées, s’étend par la jurisprudence, par la Commission, par le Parlement européen — sans mandat populaire clair.

Dans ce contexte, une question revient avec insistance :la France doit-elle accepter cette évolution ou reprendre la main ?

Pour y répondre, il faut revenir à une figure qui, mieux que quiconque, avait anticipé ce type de dérive : Charles de Gaulle.


De Gaulle et les “machins” : une leçon oubliée

On connaît la formule célèbre :

« L’ONU ? Ce machin ! »

Mais ce que l’on oublie souvent, c’est que pour de Gaulle, le mot « machin » ne désignait pas seulement l’ONU. Il désignait toute structure supranationale prétendant se substituer à la souveraineté des nations.

Pour lui, la souveraineté n’était pas un concept abstrait :

  • elle était l’expression vivante d’un peuple,

  • incarnée par un chef d’État,

  • responsable devant la nation,

  • et non devant une instance extérieure.

De Gaulle n’était pas hostile à la coopération européenne. Il était hostile à la dilution de la souveraineté, à la disparition du politique derrière des organes technocratiques ou judiciaires.

Il l’a dit explicitement :

« Il ne peut y avoir d’autre Europe que celle des États. »

Et il l’a démontré par l’action :

  • refus de la supranationalité,

  • défense du droit de veto,

  • politique de la chaise vide en 1965 pour bloquer une dérive institutionnelle,

  • affirmation constante que la France ne délègue pas son pouvoir constituant.

Aujourd’hui, beaucoup voient dans l’arrêt du 18 décembre une confirmation de ce que de Gaulle redoutait :une Europe où les juges, et non les peuples, définissent les règles du jeu.


Le gouvernement des juges : une dérive nationale et européenne

L’article de Boulevard Voltaire souligne que la CJUE s’arroge désormais le droit d’écarter les Constitutions nationales. Mais cette dérive n’est pas propre à l’Europe : elle existe aussi en France.

Depuis des décennies, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État et la Cour de cassation ont progressivement étendu leur pouvoir d’interprétation, parfois au détriment du législateur. Cette dynamique — souvent appelée « gouvernement des juges » — repose sur un mécanisme simple :

  1. Le politique laisse des zones d’ombre par omission et le plus souvent par lâcheté.

  2. Le juge les comble.

  3. Le juge devient l’arbitre ultime.

  4. Le politique s’efface.

À l’échelle européenne, ce phénomène est amplifié par deux facteurs :

  • l’absence d’un véritable pouvoir politique européen légitime,

  • la fragmentation des souverainetés nationales,

  • la tentation permanente de la Commission et du Parlement européen d’étendre leurs prérogatives.

Dans ce vide, la CJUE devient naturellement l’instance qui tranche. Et chaque arrêt élargit un peu plus le champ du droit européen.

L’article cite plusieurs exemples récents :

  • reconnaissance obligatoire des mariages homosexuels contractés à l’étranger,

  • obligation de modifier l’état civil selon le « sexe ressenti »,

  • remise en cause des listes nationales de « pays sûrs » en matière d’asile.

Qu’on approuve ou non ces décisions, une question demeure :qui décide ?  Les peuples ?Les parlements nationaux ?Ou une juridiction supranationale non élue ?

C’est cette question que de Gaulle aurait posée. Et c’est cette question que la France doit poser aujourd’hui.


Le Conseil européen : le seul organe légitime pour défendre les souverainetés

Dans l’architecture actuelle de l’Union, un seul organe représente réellement les nations :le Conseil européen, c’est-à-dire les chefs d’État et de gouvernement.

C’est le seul lieu où :

  • chaque membre est élu par son peuple,

  • les décisions majeures se prennent à l’unanimité,

  • la souveraineté nationale est directement représentée.

Pourtant, ce Conseil européen n’exerce pas pleinement son rôle d’arbitre des compétences. Il laisse la Commission proposer, le Parlement européen étendre, la CJUE interpréter.

Résultat :l’équilibre institutionnel bascule vers une Europe des juges et des technocrates.

Pour rétablir l’équilibre, plusieurs voies existent :

1. Réaffirmer le Conseil européen comme arbitre ultime des compétences

Il doit pouvoir dire clairement :

  • ce qui relève de l’Union,

  • ce qui relève des États,

  • ce qui ne peut pas être interprété extensivement.

2. Limiter les compétences communes à un nombre restreint, précis, non extensible

C’est l’un des axes que je défends dans mes articles :une Europe des compétences communes, et non des compétences partagées ou concurrentes.

3. Encadrer strictement la jurisprudence de la CJUE

Cela implique une réécriture des traités, afin de :

  • définir les limites de l’interprétation,

  • empêcher l’extension jurisprudentielle,

  • recentrer la Cour sur son rôle initial : garantir l’application du droit existant, pas en créer de nouveau.


La France peut-elle reprendre la main ? Oui — si elle le veut

Pour la France, plusieurs leviers existent. Certains relèvent de l’action européenne, d’autres de décisions nationales fortes.Un chef d’État élu sur une ligne de réaffirmation souverainiste pourrait activer ces leviers de manière graduée ou simultanée.

1. La politique de la chaise vide : un outil toujours disponible

De Gaulle l’a utilisée en 1965 pour bloquer une dérive supranationale. Elle avait fonctionné. Pourquoi ? Parce que la France est un pays pivot. Sans elle, l’Union ne peut pas fonctionner normalement.

2. Ne plus envoyer de juges à la CJUE

Une mesure radicale, mais juridiquement possible. Elle signifierait :

  • contestation ouverte de la légitimité de la Cour,

  • refus de participer à un système jugé contraire à la souveraineté nationale,

  • pression maximale pour une renégociation.

3. Refuser tout nouvel acte européen

Un État membre peut :

  • bloquer les directives,

  • refuser les règlements,

  • s’opposer aux budgets,

  • empêcher toute avancée institutionnelle.

4. Réviser la Constitution pour réaffirmer la primauté du droit français

Un chef d’État pourrait proposer une révision constitutionnelle visant à :

  • inscrire explicitement la primauté du droit français sur le droit européen,

  • réformer le Conseil constitutionnel,

  • réformer le Conseil d’État et la Cour de cassation,

  • réaffirmer que la souveraineté juridique appartient au peuple français.

5. Suspendre le financement français de l’Union européenne

La France est l’un des principaux contributeurs nets. Suspendre ou réduire ce financement serait un moyen de pression puissant.

6. Retirer la France de certains traités paneuropéens

Un chef d’État pourrait décider de sortir la France de :

  • la CEDH,

  • le TPI,

  • Schengen,

afin de reprendre le contrôle de domaines régaliens.

7. Le spectre du Frexit : un levier politique réel

Le Frexit n’est pas majoritaire, mais il progresse. Et surtout :il est redevenu un levier politique.

La France peut dire :« Nous voulons une renégociation. Si elle n’a pas lieu, nous envisagerons toutes les options. »


Vers une refondation : une Europe des compétences communes

Je défends depuis longtemps une idée simple et puissante :l’Europe ne doit pas être un super Etat et encore moins au service d'un seul Etat, mais une alliance de nations souveraines partageant un nombre limité de compétences communes.

Ce modèle n’est ni fédéraliste, ni souverainiste de rupture. C’est une troisième voie, réaliste, cohérente, fidèle à l’esprit gaullien.


L’heure de la lucidité

L’arrêt du 18 décembre 2025 n’est pas seulement un débat juridique. C’est un révélateur. Il montre que l’Union européenne évolue vers une centralisation judiciaire et technocratique qui n’a jamais été validée par les peuples.

Il est grand temps que les Français prennent conscience de ce nouvel ordre institutionnel qui se décide sans eux. Grand temps qu’ils mesurent les conséquences des choix faits depuis des années. Grand temps qu’ils exigent un débat national clair sur la souveraineté, les compétences, et l’avenir de la France en Europe.

Et surtout :être souverainiste n’a rien de réactionnaire, ni d’anti-européen.  C’est vouloir une Europe des nations, une Europe des peuples, une Europe fidèle à ce qu’elle a toujours été :un projet de coopération, pas un projet de dépossession.




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