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Outre-mer : la France ne peut abandonner les siens

Dernière mise à jour : 8 juin 2025





Loin des centres de décision parisiens, les régions d'outre-mer font face à une réalité trop souvent ignorée : un développement entravé, une précarité persistante et un sentiment d’abandon. La France ne peut se résoudre à laisser ses citoyens dans une pauvreté endémique, tout en leur refusant des mesures adaptées aux spécificités de leur éloignement géographique. Un modèle unique imposé depuis la métropole ne suffit plus : il est temps de repenser ces territoires avec une vision plus juste, plus pragmatique et plus respectueuse des réalités locales.

Pour répondre à ces défis, une loi ambitieuse, sous forme d’ordonnance, doit être élaborée en concertation avec les élus locaux, les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI), et les syndicats régionaux. Cet effort, réparti sur un quinquennat, mobiliserait un investissement annuel de cinq milliards d’euros, sous la supervision d’un Conseil des Outre-mer, présidé par le Chef de l’État et le Premier ministre, avec un vice-président tournant issu des territoires concernés.

Un projet de loi à la hauteur des enjeux

Cette réforme doit concerner la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion, la Nouvelle-Calédonie, la Guyane, la Polynésie, Wallis-et-Futuna, Saint-Pierre-et-Miquelon, Mayotte et la Corse, afin de leur garantir une place équitable dans le développement national.

Volet institutionnel

Chaque territoire doit bénéficier d’une autonomie adaptée, lui permettant une gestion plus efficace des ressources locales. Il est proposé de rattacher Saint-Pierre-et-Miquelon à la région Normandie, comme certaines administrations déconcentrées de l’État l’ont déjà fait.

Volet judiciaire et sécuritaire

Les moyens des tribunaux et de l’administration pénitentiaire seront multipliés par dix, pour garantir une justice rapide et équitable. Une refonte des forces de sécurité est également nécessaire :

  • Renforcement des effectifs de police et de gendarmerie.

  • Création de brigades spécialisées anti-criminalité et anti-gang.

  • Développement des moyens des Douanes, de la PAF et des Gardes-côtes.

  • Une compagnie de CRS dans chaque territoire pour garantir l’ordre public.

Volet infrastructures et santé

Les réseaux d’eau, d’électricité, de téléphonie et routiers seront modernisés et transférés aux régions. De plus, les hôpitaux seront rénovés, et des Pôles de Santé de Libéral Ambulatoire (PSLA) seront créés pour garantir un accès médical à tous.

Volet formation et culture

Investir dans des UFR, IUT et formations professionnelles, c’est garantir aux jeunes des débouchés concrets et limiter l’exode vers la métropole. De même, la culture locale sera mise en avant, avec des jumelages entre les territoires d’outre-mer et les régions métropolitaines.

Volet économique et indemnisation

Les territoires pourront fixer leur propre SMIC, développer leurs exportations et renforcer le tourisme, la fibre optique et les secteurs d’excellence. En parallèle, les populations locales seront indemnisées pour les dommages liés au chlordécone et aux essais nucléaires.

La nécessité d’un modèle adapté

Aujourd’hui, les territoires d’outre-mer sont trop souvent gouvernés avec des politiques conçues pour la métropole, sans prise en compte de leur réalité économique et sociale. La France ne peut pas exiger d’eux qu’ils respectent les mêmes règles, alors qu’ils n’ont ni les mêmes moyens ni les mêmes opportunités de développement.

Ce modèle unifié creuse les inégalités, pousse les populations à l’exil forcé et empêche une réelle prospérité locale. Le rôle de l’État est de garantir une adaptation intelligente, qui permette aux territoires de trouver leur propre équilibre, plutôt que de les contraindre à un modèle qui ne fonctionne pas pour eux.

Une France qui ne laisse personne derrière

Cette réforme ne serait pas une faveur, mais une nécessité historique. La France ne peut abandonner les siens : elle doit leur donner les outils pour prospérer, tout en respectant leurs spécificités culturelles, économiques et géographiques. Ce n’est qu’en repensant son lien avec les territoires d’outre-mer que la France pourra réellement incarner l’unité et la justice qu’elle revendique.

L’heure est venue de corriger des décennies d’injustice, et de construire une nouvelle vision, où chaque citoyen, qu’il vive à Paris ou à Papeete, aura les mêmes chances de réussite.

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