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Liraient-ils mon blog ? Quatre signaux d’une France qui se met enfin à penser comme je l’écris



J’ai pour habitude, sur ce blog, de relier les fils épars de l’actualité pour en dégager le sens caché. Mais cette semaine, l’exercice prend une tournure troublante. Quatre événements — l’autonomie de la Corse, une note sur le Grand Paris, le règlement européen sur les retours, et la bataille des droites — racontent tous la même histoire : celle d’idées que je défends depuis des mois sur ce blog, et que je retrouve soudain, presque mot pour mot, dans la bouche de nos responsables politiques et au cœur de l’actualité institutionnelle. Coïncidence ? Ou bien nos dirigeants se sont-ils mis à lire le blog d’un citoyen engagé ? Permettez-moi le clin d’œil et regardons ces quatre signaux de plus près.


I — L’autonomie de la Corse : la décentralisation que je réclame, enfin à l’œuvre

Commençons par le plus spectaculaire. Le 16 juin 2026, l’Assemblée nationale a entamé l’examen du projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République », adopté en commission des lois par 20 voix contre 6 le 2 juin. Pour la première fois, une partie du territoire métropolitain pourrait accéder à un statut d’autonomie lui permettant d’adapter et de fixer certaines normes relevant du champ de compétences de la collectivité qui le régit.

Voilà précisément ce que je défends dans mon article sur l’autonomie des territoires et dans mon projet de Constitution. Mon idée est simple : remplacer le millefeuille étouffant — régions, départements, communes — par une architecture claire et vivante. Des provinces dotées d’un véritable pouvoir réglementaire, des paroisses qui succèdent aux communes, des métropoles, et des pays d’outre-mer qui engloberaient aussi bien la Corse que les anciens DOM-TOM.

Et dans mon modèle, cette autonomie des provinces n’est jamais une menace pour l’unité nationale — parce qu’elle repose sur une clé de voûte qui en garantit la cohésion : un Conseil des provinces, chambre où chaque territoire fait entendre sa voix, placé lui-même sous l’arbitrage d’un Roi, figure non partisane qui incarne la continuité et l’unité du pays au-dessus des intérêts particuliers. C’est tout le paradoxe que les jacobins refusent de comprendre : on peut accorder une large autonomie aux territoires sans disloquer la nation, à condition de disposer d’un symbole d’unité qui transcende les provinces. Là où la République centralisée croit préserver l’unité en uniformisant tout, la monarchie décentralisée la préserve mieux encore, en laissant vivre les diversités sous l’égide d’un arbitre commun.

Et c’est là que se pose ma question de fond : pourquoi la France est-elle si réfractaire à la décentralisation assumée ? Pourquoi ce réflexe jacobin qui voit dans toute autonomie territoriale une menace pour l’unité nationale ? L’ironie de l’Histoire, c’est que la France d’avant 1789 était infiniment plus décentralisée que la nôtre. Sous l’Ancien Régime, les provinces — Bretagne, Languedoc, Provence, Bourgogne — disposaient de leurs États provinciaux, de leurs parlements, de leurs coutumes propres, et même d’une justice liée aux traditions de chaque territoire. La centralisation jacobine puis napoléonienne a rasé cet édifice au nom de l’égalité abstraite, et nous en payons aujourd’hui le prix.

Reconnaître une spécificité corse, c’est rouvrir une porte que la Révolution avait murée. Marine Le Pen y voit un texte « dangereux parce qu’il crée une rupture avec la France » ; je dis l’inverse : la vraie rupture avec la France, c’est l’uniformité jacobine qui a effacé ses provinces. La Corse n’est qu’un début. Demain, la Savoie, le Pays basque, l’Alsace pourraient légitimement réclamer la même reconnaissance.


II — Le Grand Paris : ma réorganisation, mot pour mot (ou presque)

Deuxième signal, et celui-ci m’a fait sourire. Le 4 juin 2026, le Haut-commissariat à la stratégie et au plan a publié une note retentissante sur la réorganisation du Grand Paris. Son titre : « Du périph’ à la métropole : construire la Ville du Grand Paris ». Et son contenu colle, point par point — sans jamais utiliser mes mots — à ce que je propose sur ce blog.

Que dit cette note ? Elle imagine une « Ville du Grand Paris » réunissant 130 communes, les trois départements de petite couronne et la Métropole du Grand Paris, avec un redécoupage en 40 districts d’environ 170 000 habitants chacun. Et surtout, elle organise une répartition claire des compétences sur plusieurs niveaux.

Or, qu’écrivais-je dans mon article sur la réorganisation métropolitaine ? Exactement cela : une mairie centrale forte, chargée des compétences stratégiques — le PLU, l’environnement, le développement économique, les quartiers d’affaires, le métro et les bus, les pompiers, la police, les grands espaces verts, les monuments, les grands équipements sportifs et culturels, l’eau et l’assainissement, le logement, le traitement des déchets, les grands axes routiers — et des échelons de proximité pour le reste. La même logique, la même architecture, la même réponse au millefeuille illisible.

On notera d’ailleurs, savoureux détail, que cette note est portée par Clément Beaune — ancien ministre macroniste — preuve que les bonnes idées finissent par traverser les frontières partisanes. Y compris, peut-être, celles d’un blog.


III — Le règlement « retour » : l’Europe se réveille, Macron capitule devant Mélenchon

Le 17 juin 2026, le Parlement européen a adopté, à Strasbourg, le « règlement retour » — par 418 voix pour, 218 contre et 30 abstentions. Ce texte permet aux États membres d’installer des centres en dehors de l’Europe pour y renvoyer les exilés déboutés, et durcit les procédures d’expulsion. François-Xavier Bellamy l’a salué : c’est une étape historique pour l’Europe.

Et pendant ce temps, que fait le président de la République ? Le 19 juin, Emmanuel Macron a vivement critiqué le vote, se déclarant « en désaccord à la fois d’un point de vue pragmatique et principiel ». Son propre gouvernement soutenait pourtant le texte — le ministre Benjamin Haddad reconnaissant que c’était même « une demande de la France », tout en regrettant « la façon dont il a été adopté », c’est-à-dire avec les voix de la droite.

Voilà toute la macronie résumée : préférer la posture morale à l’intérêt national. En refusant ce que réclament les Français et la plupart des Européens, Macron rejoint objectivement le camp de Mélenchon, contre les peuples qui demandent des frontières.

Et cette capitulation idéologique place les héritiers du macronisme dans une position intenable. Car les deux principaux candidats du « bloc central » — Édouard Philippe et Gabriel Attal — sont les enfants politiques d’Emmanuel Macron. Comment se dédiraient-ils de la pensée de celui qui les a faits, sans renier toute leur filiation ? Ils sont prisonniers d’un héritage : celui d’un mode de pensée — l’« en-même-temps » qui ne tranche jamais — et celui d’un bilan accablant de dix années de pouvoir, marquées par l’explosion de la dette, le décrochage économique et une immigration jamais maîtrisée. On ne construit pas une rupture sur les épaules de ceux qui incarnent la continuité.


IV — La bataille des droites : Retailleau, Lisnard, et l’étrange écho de mes idées

Le 20 juin, Bruno Retailleau a tenu son premier grand meeting présidentiel au Parc floral de Paris. Devant plusieurs milliers de personnes, l’ancien ministre de l’Intérieur a fait le serment de « relever » le pays. Une foule digne des grandes heures de la défunte UMP, en présence de Gérard Larcher, de François-Xavier Bellamy et de l’écrivain Boualem Sansal. Retailleau y a défendu la valorisation du travail, un « vent de liberté » pour les entrepreneurs, une « tronçonneuse » pour couper dans les normes. Mes thèmes, mes combats.

Mais c’est le discours de David Lisnard, trois jours plus tôt, qui m’a le plus frappé. Le 17 juin, à Bayeux, sur la place du Général-de-Gaulle, quatre-vingts ans jour pour jour après le discours fondateur de De Gaulle du 16 juin 1946, Lisnard a prononcé un véritable discours de refondation institutionnelle.

Qu’a-t-il proposé ? Le retour au septennat, une décentralisation massive, la priorité de la souveraineté française sur l’Europe, et la généralisation des référendums. Il veut libérer l’article 11 de la Constitution de ses limites thématiques, pour que tout sujet puisse être soumis au peuple. Il veut réviser l’article 55 pour que la loi française reprenne le dessus sur l’interprétation de la CEDH. Il s’en prend à la « captation » du pouvoir par les juges du Conseil constitutionnel.

Et le plus saisissant : sur la question territoriale, Lisnard plaide pour une France réorganisée, faite de départements et de régions fusionnés en une cinquantaine de provinces, sur le modèle de la carte dessinée en 1947 par Michel Debré. Des provinces. Le mot même que j’emploie. Ce discours de Bayeux est un discours fondateur, et il fut méprisé par une presse qui n’a d’yeux que pour les querelles d’ego.


V — Alors, liraient-ils mon blog ?

Récapitulons. L’autonomie territoriale que je défends avance avec la Corse. La réorganisation métropolitaine que je décris se retrouve dans la note sur le Grand Paris. Le contrôle migratoire que je réclame s’impose au Parlement européen. Et la refondation institutionnelle que je détaille — provinces, référendums, souveraineté face à la CEDH, fin du gouvernement des juges, exécutif rééquilibré — constitue le cœur des discours de Lisnard et de Retailleau.

Permettez-moi cette confidence : il y a deux mois environ, j’ai adressé à Bruno Retailleau et à David Lisnard un long courrier, accompagné d’un dossier d’une dizaine de pages, où j’abordais nombre de ces sujets. Certes, j’y défendais aussi le retour à une monarchie parlementaire. Mais sur tout le reste, l’écho est si précis qu’on pourrait, avec un sourire, se poser la question.

Nos hommes politiques seraient-ils allés lire le blog d’un citoyen engagé du Cotentin ?

Je n’en tire évidemment aucune gloire. Ces idées ne m’appartiennent pas : elles sont dans l’air du temps, portées par une lame de fond qui traverse le pays. Mais voilà ce que cela signifie, et c’est l’essentiel : ce que je défends sur ce blog n’est pas une lubie d’isolé. C’est le bon sens d’un pays qui se réveille.

Continuez à me lire. La suite, vous l’entendrez bientôt dans la bouche des autres.


Un Citoyen engagé — Juin 2026

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