top of page

LFI : un poison pour la France, et l'urgence d'un autre récit pour la jeunesse

27 août
6 min de lecture

Il suffit d'ouvrir la presse un matin de fin août pour mesurer à quel point La France Insoumise est devenue, à elle seule, un concentré de tout ce qui menace notre pays : une économie qu'elle rêve de saccager au nom de la justice sociale, une justice qu'elle instrumentalise dès qu'elle la rattrape, et une complaisance avec la violence politique qui devrait, à elle seule, disqualifier ce parti de toute prétention au pouvoir.



Nuisibles : le vrai visage du programme économique


Ce week-end, aux Amfis de la France Insoumise, l'eurodéputée Manon Aubry a proposé purement et simplement d'interdire les milliardaires, qu'elle a qualifiés de "nuisibles". Le président de la commission des Finances Éric Coquerel a embrayé en jugeant "nuisible" l'écart de richesse lui-même. Et Mathilde Panot, présidente du groupe à l'Assemblée, a résumé sur RMC-BFMTV la philosophie du parti sur l'héritage : prendre "tout" au-delà de douze millions d'euros, considérant que la plupart des riches n'ont "pas mérité" leur fortune et n'ont eu que "le mérite d'être bien nés avec une cuillère d'argent dans la bouche". Une formule qui claque bien en plateau, mais qui trahit surtout une incapacité à raconter autre chose qu'une histoire déjà vue : ceux d'en haut contre ceux d'en bas, sans jamais s'interroger sur ce qui se passe le jour où les premiers ont simplement fermé la porte et sont partis.


Car c'est précisément ce que cette gauche économique refuse de regarder en face. Les économistes qui inspirent ce programme, taxe Zucman en tête, sont de ceux qui rêvent de faire de la France un laboratoire grandeur nature pour des idées que l'histoire a déjà largement testées, et déjà largement fait échouer. Faut-il vraiment se replonger dans l'état de l'économie cubaine ou vénézuélienne pour comprendre ce qui attend un pays qui décide de faire fuir son capital, ses entrepreneurs et ses talents au nom de l'égalité ? Interdire les milliardaires, prendre "tout" au-dessus d'un seuil, ce ne sont pas des mesures fiscales, ce sont des signaux envoyés à quiconque a la capacité de partir : partez, vous n'êtes plus les bienvenus ici.


Quand les élus locaux et nationaux multiplient les ennuis judiciaires


Ce discours de rupture s'accompagne d'un rapport pour le moins décomplexé avec la justice chez plusieurs figures du mouvement. Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, élu dès le premier tour en mars dernier, fait désormais l'objet d'une enquête ouverte par le parquet national financier — une enquête qui, comme toute enquête, doit encore prospérer avant que rien ne soit établi, mais qui n'en fragilise pas moins la légitimité de ce mandat à peine commencé.


Le député des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu, lui, cumule les procédures : déjà condamné en février 2025 pour des violences commises lors d'un blocus lycéen, il doit être jugé en octobre pour avoir détenu et diffusé des documents privés volés à un entrepreneur qu'il accusait de liens avec Israël — il encourt jusqu'à cinq ans de prison et une peine d'inéligibilité. Et ce mois-ci encore, trois policiers marseillais ont porté plainte contre lui pour outrage, lors de l'interpellation d'un suspect. Un député qui, entre deux plateaux télé, collectionne les rendez-vous avec la justice plutôt qu'avec le travail parlementaire.


Quant à Mathilde Panot, présidente du groupe à l'Assemblée, elle enchaîne les interventions médiatiques avec une assurance qui masque mal l'absence de fond : la même formule sur la "cuillère d'argent", le même chiffre sur les douze millions, répétés en boucle comme un argument d'autorité, sans jamais s'aventurer sur le terrain de ce qui se passerait concrètement, une fois la mesure appliquée, sur l'investissement, l'emploi ou la fuite des capitaux.


La violence politique, jusqu'au drame


Il y a plus grave encore, et c'est peut-être le point sur lequel ce parti devrait être jugé avec la plus grande sévérité. En février dernier, à Lyon, un jeune militant identitaire de vingt-trois ans, Quentin Deranque, a été roué de coups en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Il est mort de ses blessures deux jours plus tard. Sept personnes ont été mises en examen pour homicide volontaire ou complicité, parmi lesquelles un ancien collaborateur du député LFI Raphaël Arnault, cofondateur du groupuscule antifasciste la Jeune Garde, dissous en 2025 pour ses violences répétées. Arnault lui-même, déjà condamné par ailleurs pour "violences volontaires en réunion", n'a pas été mis en cause dans ce dossier précis, mais son entourage direct, si.


Ce drame ne peut pas être traité comme un fait divers isolé. Il est la conséquence directe d'un climat que des responsables de ce mouvement, par leurs mots comme par leurs réseaux, ont contribué à nourrir. Rima Hassan elle-même, dont les prises de position et les publications lui valent d'autres procédures judiciaires en cours, incarne cette ligne où la radicalité du verbe finit par légitimer, dans certains cercles, celle des actes. On ne peut pas se dire progressiste et fermer les yeux sur ce que ses propres soutiens produisent sur le terrain.


Un parti qui devient un poison


Poison pour la liberté, quand des mots comme "nuisibles" ou "nous devons les faire disparaître" sont utilisés à l'endroit de catégories entières de citoyens. Poison pour l'économie, avec un programme fiscal qui ferait fuir ce qui reste de capital productif dans le pays. Poison pour les Français les plus modestes eux-mêmes, qui seraient les premiers touchés par l'effondrement économique que ce type de politique a produit partout où elle a été appliquée sans garde-fou. Poison, enfin, pour l'avenir de la France, tant ce parti s'accommode d'une proximité trouble avec une violence politique qui a déjà coûté une vie.


Ce que ce parti ne dit pas est plus dangereux que ce qu'il dit


Il y a, chez La France Insoumise, quelque chose qui échappe encore largement au débat public : ce n'est pas tant ce que ce parti proclame haut et fort qui devrait inquiéter, c'est tout ce qu'il tait. Un parti qui fonctionne davantage comme une structure verticale et disciplinée que comme une formation démocratique classique, où la dissidence interne se paie cash et où la ligne officielle ne souffre guère de débat contradictoire, a plus des traits d'une organisation autoritaire que d'un mouvement pluraliste. Le jour où ce parti disposerait d'un pouvoir réel, rien ne garantit qu'il tolérerait davantage la contradiction qu'il ne le fait aujourd'hui en interne à l'égard de ceux qui pensent différemment.


Ce non-dit prend une tournure particulièrement préoccupante sur le terrain électoral. Une commission d'enquête parlementaire, lancée à l'initiative de Laurent Wauquiez et dont le rapport a été rendu public en décembre 2025, a mis en évidence une "proximité" entre plusieurs élus insoumis et des structures ou individus relevant de la mouvance islamiste, pointant ce qu'elle qualifie d'"engagement de LFI dans une stratégie clientéliste auprès de l'électorat musulman". Les municipales de mars 2026 en ont fourni de nouvelles illustrations concrètes : à Denain, une liste soutenue par des cadres LFI locaux comptait en position éligible le fils d'un imam expulsé de France pour prêche séparatiste ; ailleurs, à Roubaix ou à Colombes, des accusations similaires d'entrisme islamiste ont émaillé la campagne. Ce que ce parti ne dit jamais clairement, c'est le prix politique de ces alliances locales, et ce qu'il devra en retour à ceux qui les rendent possibles. Un électorat qu'on courtise à ce point n'est jamais capté sans contrepartie, et cette contrepartie, en général, prend la forme d'un silence complice sur des pratiques et un projet de société qui n'ont rien à voir avec les valeurs républicaines dont ce parti se réclame par ailleurs.


L'urgence d'un autre récit pour la jeunesse


Le vrai danger, ce n'est pas seulement ce que porte La France Insoumise. C'est l'absence, en face, d'un récit de droite suffisamment fort, incarné et enthousiasmant pour convaincre la jeunesse qu'un autre avenir est possible. Faute de cela, une partie non négligeable des jeunes générations continue de se tourner vers ce type de discours radical, séduite par sa promesse de rupture, sans mesurer où cette promesse a toujours fini par conduire.


L'histoire offre pourtant une leçon limpide. Au début du XXe siècle, les Russes se sont eux aussi jetés dans les bras d'un mouvement qui promettait de tout renverser pour libérer le peuple. On connaît la suite : la terreur, la famine organisée, des millions de morts, et des décennies de dictature avant qu'un peuple entier ne paie le prix de son enthousiasme initial. La France n'en est pas là, et ne le sera sans doute jamais dans les mêmes proportions. Mais l'histoire ne se répète pas à l'identique pour autant qu'on puisse l'ignorer sans risque.


Il est urgent que la droite retrouve les mots, l'énergie et la crédibilité nécessaires pour proposer à la jeunesse française une autre voie que celle de la colère et de la rupture : une voie de responsabilité, de mérite retrouvé, et de confiance dans un pays qui peut encore se réformer sans se détruire. Faute de quoi, c'est bien vers la gueule du loup que continueront de se précipiter, année après année, un peu plus de jeunes Français.


Ce récit alternatif doit aussi, et peut-être surtout, s'adresser directement aux Français d'origine étrangère que La France Insoumise cherche précisément à capter par cette stratégie clientéliste. Sur ce terrain, la droite ne peut se permettre aucun des trois écueils qui la guettent : ni la naïveté de ceux qui préfèrent ne rien voir plutôt que d'affronter le sujet, ni le communautarisme consistant à courtiser ces mêmes électorats sur une base identitaire plutôt que républicaine, ni la radicalité d'une extrême gauche qui instrumentalise ces citoyens comme un simple réservoir de voix. Il faut un discours qui s'adresse à eux comme à tous les autres Français : sur la base du mérite, de l'exigence républicaine partagée et d'un projet commun, plutôt que sur celle d'une dette électorale à honorer.


Un Citoyen engagé

Août 2026



Commentaires


Aidez-nous

Aidez-nous à construire et à diffuser les idées pour une France plus forte, fier de son histoire et de ses territoires, engagée vers l'avenir, respectée et conquérante, souveraine dans une Europe forte mais soumise à ses Etats membres. 
Aidez l'association citoyen engagé! 

Fréquence

Unique

Mensuel

Montant

10 €

50 €

100 €

200 €

Autre

-Citoyen engagé-

  • Facebook

© 2025 Stéphane P.. Powered and secured by Wix

bottom of page