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Le Sénat, dernier rempart contre la folie fiscale



Alors que l’Assemblée nationale s’enlise dans une frénésie législative où chaque amendement semble inventer une nouvelle taxe, il est temps de rappeler que notre démocratie dispose d’un garde-fou précieux : le Sénat. Dans un contexte où le projet de loi de finances devient un catalogue d’impositions nouvelles, souvent déconnectées des réalités économiques, le bicamérisme français apparaît comme une chance, voire une nécessité.


Une Assemblée fragmentée, un budget en dérive

La fragmentation politique de l’Assemblée nationale, loin de favoriser le débat, engendre une instabilité chronique. Chaque groupe parlementaire tente d’imprimer sa marque, souvent au détriment de la cohérence budgétaire. Résultat : une inflation de taxes, de niches, de dispositifs complexes, qui alourdissent l’action publique sans jamais poser la question centrale — celle de la réduction des dépenses.


Le Sénat : modération, continuité, responsabilité

Le Sénat, élu au suffrage indirect, incarne une forme de sagesse institutionnelle. Moins soumis aux pressions électoralistes, il joue un rôle de filtre, de tempérance, et de relecture. Il est souvent le lieu où les excès sont corrigés, les textes affinés, les dérives stoppées.

Mais ce rôle, aussi précieux soit-il, mérite d’être renforcé. Car dans une démocratie mature, la stabilité et la rigueur budgétaire ne doivent pas être des options.


Propositions pour un Parlement plus responsable

Inspiré de réflexions déjà développées dans mes précédents articles, voici quelques pistes pour améliorer le fonctionnement parlementaire et redonner au Sénat toute sa place :

1. Renforcement du poids du Sénat

  • Seul le Sénat pourrait voter les surplus budgétaires, garantissant que l’État ne dépasse jamais ce qui a été voté.

  • Le Sénat validerait les opérations extérieures militaires (OPEX), assurant un contrôle démocratique sur les engagements internationaux.

  • Il serait chargé de transposer les directives européennes, garantissant une lecture juridique rigoureuse.

  • Il validerait les nominations des directeurs d’administrations, d’agences, et même les noms des ministres, renforçant la transparence et la compétence.

2. Un processus législatif plus exigeant

  • Une loi votée par le Sénat devrait être identique à celle votée par l’Assemblée nationale, ou passer en Commission Mixte Paritaire (CMP).

  • En cas d’échec de la CMP, la loi serait soumise au Congrès, réuni une fois par an pour trancher les désaccords majeurs.

3. Un Congrès doté de pouvoirs structurants

  • Le Congrès disposerait de sa propre questure, assurant son autonomie administrative.

  • Il ouvrirait et fermerait les sessions parlementaires, symbolisant l’unité du pouvoir législatif.

  • Les agences d’État de contrôle (Cour des comptes, HATVP, les inspections générales, etc.) seraient placées sous son autorité, garantissant leur indépendance et leur efficacité.



Pour une démocratie budgétaire adulte

La France ne manque pas de ressources, mais elle souffre d’un mal chronique : l’irresponsabilité budgétaire. Le Sénat, loin d’être une chambre d’apparat, peut devenir le pilier d’une démocratie budgétaire adulte, où chaque euro dépensé est justifié, chaque réforme est pensée, chaque nomination est contrôlée.

Il est temps de sortir du cycle infernal de la dépense publique incontrôlée et de redonner au Parlement — et surtout au Sénat — les moyens de garantir la rigueur, la stabilité et la souveraineté budgétaire de notre pays.


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