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FRANCE, LE RÉVEIL OU LA CHUTE

Au lendemain des municipales, à l'aube de 2027 : l'heure de vérité

 

 

 

Ce dimanche matin, en lisant le JDD, je suis tombé sur un titre qui résume à lui seul l'état de notre pays : Boualem Sansal et Philippe de Villiers alertent « Notre pays est au bord de l'abîme ». Deux hommes que tout sépare en apparence l'un académicien franco-algérien qui a failli mourir dans les geôles d'Alger pour avoir trop aimé la France, l'autre fondateur du Puy du Fou et voix souverainiste inlassable s'accordent sur un même constat, le même cri d'alarme : islamisation rampante, immigration incontrôlée, trahison des élites, déconstruction programmée de la civilisation française. Et la gauche médiatique, comme à son habitude, s'acharne sur eux.

Trois semaines après les élections municipales des 15 et 22 mars, et à moins d'un an de la présidentielle de 2027, la France offre un spectacle à la fois fascinant et douloureux. Fascinant parce que les fractures sont si profondes, les lignes si mouvantes, les énergies si contradictoires qu'on n'a jamais autant senti le pays à un carrefour. Douloureux parce que, pendant que les uns s'organisent méthodiquement pour déconstruire la France, les autres — la majorité — se disputent les miettes d'une victoire qu'ils n'arrivent pas à transformer.

Je vais essayer, dans cet article, de démêler ces fils. De dire ce que je vois, ce que je crois, et ce que j'espère.

 

 

 

Les municipales : une droite majoritaire mais incapable de se rassembler

Les résultats sont là, ils ne trompent pas. La droite a clairement remporté ces élections municipales en décrochant plus de 1 200 mairies. Le bloc de gauche reste second avec environ 800 municipalités, le centre vient en troisième. Dans les villes de 10 000 à 30 000 habitants, la gauche ne détient plus que 25 % des mairies. Dans les petites communes, seulement 23 %. C'est la France profonde, la France des territoires, la France qui travaille et qui paie ses impôts et elle est à droite.

Et pourtant. Regardons les métropoles. Paris reste à gauche avec Emmanuel Grégoire. Lyon reste à gauche avec Grégory Doucet. Marseille reste à gauche avec Benoît Payan. Strasbourg tombe certes aux mains d'une gauche modérée, mais reste à gauche. La gauche perd des plumes dans les grandes villes, deux de moins de plus de 100 000 habitants, mais elle conserve l'essentiel. Elle tient la vitrine. Elle tient les symboles. Elle tient les plateaux télé et les rédactions culturelles.

Comment expliquer ce paradoxe ? Par une droite incapable de se rassembler. À Paris, Rachida Dati et le centre ont fusionné leurs listes, réuni 41 % des voix — et perdu quand même, faute d'avoir su intégrer l'électorat populaire que le RN capte sans le servir. À Nice, Éric Ciotti remporte la mairie avec l'union des droites, devenant la deuxième ville de plus de 100 000 habitants à passer à l'extrême droite après Perpignan une victoire réelle, mais qui cristallise aussi les divisions : peut-on gouverner la France en 2027 avec une droite qui se fragmente entre LR moribond, macronisme en déliquescence, RN en croissance mais enfermé dans ses limites, et les différentes chapelles conservatrices qui se regardent en chiens de faïence ?

La réponse est non. Et cette incapacité à se rassembler est le vrai problème de la droite française. Non par manque de convictions ou de talents, elle en regorge. Mais par ego, par calcul électoral, par appétit de positionnement. Chacun tire la couverture à soi. Chacun espère que les autres vont s'effondrer pour récupérer leur électorat. Et pendant ce temps, la gauche gagne à Paris, et Boualem Sansal et Philippe de Villiers écrivent ensemble que la France est au bord de l'abîme.

 

 

 

Sansal, Villiers, et l'alerte civilisationnelle

Je ne fais pas partie de ceux qui minimisent ce que disent Boualem Sansal et Philippe de Villiers. Ce sont deux hommes qui ont payé de leur personne, l'un de sa liberté et de sa santé, l'autre de sa carrière politique et de l'hostilité de tout l'establishment médiatique pour dire des vérités que la France officielle préfère ne pas entendre.

Villiers dénonce depuis des années ce qu'il appelle le « populicide » ; la substitution progressive de population, le développement de territoires soustraits à la loi commune, la progression de l'islamisme politique dans les instances locales. À l'approche des municipales, il alertait sur une stratégie d'implantation locale des Frères musulmans : réseaux associatifs, pression communautaire, présence sur les listes électorales. Ce n'est pas de la paranoïa ; ce sont des faits documentés, que des maires et des fonctionnaires de terrain confirment en privé avec une régularité inquiétante.

Sansal, lui, a manqué mourir en Algérie pour avoir osé nommer les choses. Académicien français depuis le premier tour du vote, il a adressé à son ami Villiers, depuis Berlin où il se remet, un message magnifique : « La France m'a tout donné, je la retrouve aujourd'hui affaiblie. » Cette phrase-là devrait nous faire honte. Pas de honte complaisante et auto-flagellante ; de honte mobilisatrice.

Ce que disent ensemble ces deux hommes, c'est que le temps presse. Que la France n'a plus le luxe des querelles de chapelle et des campagnes de positionnement. Que la question n'est plus de savoir qui sera à droite ou au centre de la droite en 2027, mais si la France que nous aimons sera encore reconnaissable dans dix ans. Villiers le dit avec une formule qui me hante : « La destinée de la France, c'est soit mourir, soit retrouver sa puissance et son indépendance. »

 

 

 

L'extrême gauche : feu de tout bois, haine assumée, déconstruction organisée

Pendant que la droite se divise, l'extrême gauche elle s'organise. Et je pèse mes mots : s'organise, méthodiquement, avec une vision de long terme et une absence totale de scrupules.

La proposition de loi déposée le 27 mars à l'Assemblée nationale par des députés de droite portée notamment par l'ancien ministre Patrick Hetzel visant à interdire le blocage des lycées et des universités et à permettre aux forces de l'ordre d'intervenir sur les campus sans avoir à obtenir l'autorisation préalable des présidences mérite d'être saluée. Parce qu'elle pose enfin le bon diagnostic : ces blocages ne sont pas l'expression d'une liberté, ils sont l'exercice d'une violence minoritaire contre la liberté du plus grand nombre. Le droit d'étudier, le droit de travailler, le droit d'accéder à son école ou à son université, ce sont des droits fondamentaux que des militants organisés foulent aux pieds chaque fois que la gauche radicale décide d'agiter la rue. Et ces blocages ne sont jamais sanctionnés. Jamais. Alors qu'ils constituent des délits caractérisés.

Mais le blocage des campus n'est que la forme visible d'un phénomène bien plus profond. Ce que je vois à l'œuvre, c'est une stratégie cohérente de déconstruction de la France : déconstruction de son histoire, présentée comme un tissu de crimes et de honte ; déconstruction de son identité, jugée « exclusive » et « discriminante » ; déconstruction de ses institutions, accusées de « systémisme » ; déconstruction du droit commun, remplacé par des droits communautaires ; et pour finir, déconstruction de la langue elle-même, avec l'écriture inclusive et autres agressions symboliques.

À cela s'ajoute ce que j'appelle le racisme anti-blanc, phénomène tabou que la gauche mainstream refuse de nommer mais que des millions de Français vivent concrètement dans leurs quartiers, leurs écoles, leurs lieux de travail. Ce n'est pas un fantasme d'extrême droite — c'est une réalité sociologique que des chercheurs sérieux documentent, que des victimes témoignent, et que l'idéologie woke amplifie en légitimant toute haine dirigée contre « le dominant ». Quand LFI produit des élus qui justifient ou minimisent ces violences, quand des professeurs sont intimidés par des parents qui contestent le contenu de leurs cours au nom de l'identité religieuse, quand des drapeaux français sont brûlés lors de manifestations sans qu'une seule voix de gauche s'élève — il faut appeler les choses par leur nom.

Et les Français le sentent. Ils ont besoin de repères. De permanence. D'une France qui ne s'excuse pas d'exister. C'est ce besoin là que la droite doit savoir incarner, sans hystérie, sans haine, mais avec une clarté et une fermeté absolues.

 

 

 

L'État profond contre les Français

Il y a un acteur que l'on ne nomme jamais assez clairement dans le débat politique français : l'État profond. J'entends par là non pas un complot ésotérique, mais un réseau dense et cohérent de hauts fonctionnaires, de membres des cabinets ministériels successifs, de cadres des grandes administrations, de magistrats progressistes et de dirigeants d'agences et d'institutions publiques, qui partagent une même vision du monde : plus d'Europe, plus de fédéralisme, plus d'intégration supranationale, et une méfiance de fond envers la souveraineté nationale et la démocratie directe.

Cet État profond n'est pas élu. Il n'est pas renversable par les urnes. Il se perpétue à travers les alternances. Et il défend avec un acharnement remarquable un projet qui n'a jamais été soumis aux Français : transformer la France en province d'une Europe fédérale, déléguer à Bruxelles des pans entiers de la souveraineté nationale : monnaie, frontières, politique migratoire, politique sociale et noyer dans la construction européenne les questions que les peuples voudraient décider eux-mêmes.

Le résultat ? Les Français ne savent plus où est exercé le pouvoir, et Villiers a raison d'en faire le cœur de la crise démocratique. Le pouvoir s'est évaporé. On vote pour un président, et les décisions se prennent à Bruxelles. On élit des parlementaires, et les directives européennes s'imposent sans débat. On exprime une volonté sur l'immigration (72 % des Français estiment qu'il existe un lien entre immigration et insécurité) et les politiques réelles sont dictées par des traités et des jurisprudences que personne n'a votés.

Face à cet État profond, il faut une volonté politique d'une solidité à toute épreuve. Et c'est là que le bât blesse : chaque fois qu'un gouvernement de droite arrive au pouvoir avec des ambitions souverainistes ou réformatrices, il est absorbé, digéré, neutralisé par les corps intermédiaires et les administrations. Pas par complot, par viscosité. Par la force d'inertie d'un système conçu pour résister au changement.

La première réponse à cette viscosité, c'est le spoil system. Le principe est simple, et les Américains le pratiquent depuis deux siècles : quand un gouvernement prend le pouvoir, il nomme à la tête des administrations, des agences et des grandes directions de l'État des hommes et des femmes qui partagent ses convictions et portent son projet. Pas des militants de parti, des hauts fonctionnaires et des experts compétents, mais choisis pour leur adhésion aux orientations politiques du gouvernement élu. En France, l'illusion de la « neutralité » de l'administration perpétue en réalité le pouvoir d'une haute fonction publique qui a ses propres valeurs, ses propres réseaux, et ses propres résistances. Assumer le spoil system, c'est assumer que la démocratie doit gouverner jusqu'aux bureaux, pas s'arrêter à la porte des ministères.

La deuxième réponse, c'est la décentralisation des relations économiques et sociales par la création de corporations professionnelles. L'idée n'est pas nouvelle, elle est même profondément française dans ses racines. Regrouper par branches cohérentes les fédérations d'entreprises et les syndicats de salariés pour leur confier la négociation des accords de branche, la définition des salaires, des conditions de travail, de la formation professionnelle et même de la gestion de l'assurance chômage et des retraites dans leur périmètre : c'est retirer à l'État ce qu'il fait mal, la gestion centralisée et bureaucratique du social, pour le rendre aux acteurs économiques réels, au plus près des réalités du terrain. Le SMIC de branche plutôt que le SMIC national uniforme. La formation professionnelle pilotée par ceux qui connaissent les métiers plutôt que par des fonctionnaires de l'emploi. C'est la subsidiarité appliquée à l'économie. Et c'est une réponse bien plus efficace au décrochage des salaires que n'importe quelle promesse présidentielle.

La troisième réponse, c'est le rétablissement du lien direct entre l'État, les collectivités et les citoyens, ce que j'appelle la journée nationale de consultation. L'idée est de regrouper, une fois par an, le même jour, l'ensemble des projets de référendums nationaux, régionaux et locaux. Une seule journée civique annuelle où chaque Français se prononce simultanément sur les grandes questions nationales et sur les enjeux de sa commune ou de sa région. Pas de multiplication de scrutins éparpillés tout au long de l'année. Un rendez-vous civique unique, solennel, attendu. C'est à la fois un outil de démocratie directe, un mécanisme de responsabilisation des élus à tous les échelons, et un puissant vecteur de réconciliation entre la France d'en bas et ses institutions. La démocratie ne doit pas se limiter à l'isoloir présidentiel tous les cinq ans, elle doit s'exercer en continu, sur les sujets qui touchent concrètement la vie des gens.

 

Les marqueurs de la campagne qui vient : ce que la droite doit enfin dire

  1. Salaires et pouvoir d'achat : Remettre de l'argent dans les poches des travailleurs via la baisse des charges et la suppression des trappes à inactivité qui rendent l'assistanat plus rentable que le travail.

  2. Rigueur financière et réforme de l'État : Réduire une dette à 110 % du PIB par la suppression d'agences inutiles et la rationalisation de la fonction publique, pour sauver le service public en le rendant efficace.

  3. Immigration : Contrôle réel des flux, rétablissement des frontières nationales, application effective des OQTF (aujourd'hui ignorées à 89 %) et défense de l'assimilation plutôt que d'une intégration molle.

  4. Sécurité : Tolérance zéro pour les incivilités et violences, soutien aux forces de l'ordre et application effective des peines.

  5. Décentralisation : Redonner aux communes leurs compétences, sans tutelle des agences administratives nationales qui paralysent les élus locaux.

  6. Souveraineté et question européenne : Organiser un référendum honnête sur l'Europe pour que les Français décident eux-mêmes du niveau d'intégration qu'ils acceptent, après le hold-up démocratique de 2008.

  7. Réforme de l'enseignement : Restaurer la transmission des savoirs fondamentaux, l'autorité des enseignants, l'autonomie des établissements, la liberté scolaire via un chèque éducation, et une université décloisonnée du tout-État.

  8. Logement : Supprimer les normes qui bloquent la construction, simplifier les PLU, redonner au maire la pleine responsabilité du logement sur son territoire, et réformer la fiscalité immobilière pour relancer l'investissement.

  9. Réforme des institutions : Mettre fin au présidentialisme sans contrôle de la Ve République par une vraie séparation des pouvoirs, un Parlement renforcé, un mode de scrutin mixte, et une justice plus proche des citoyens.

  10. Refondation du modèle social : Passer des droits automatiques à une logique de cotisation et de responsabilité individuelle, assurance chômage dégressive, Sécu responsabilisée, retraites par capitalisation complémentaire, et fusion de toutes les aides en une allocation unique et décroissante.

Quel homme ou quelle femme pour rassembler par le haut ?

La question hante tous les états-majors de droite depuis des mois. Qui ? Qui peut incarner ce rassemblement sans diluer les convictions dans la sauce du « en même temps » ou dans la stratégie du plus petit dénominateur commun ?

Les sondages placent Jordan Bardella autour de 35 % au premier tour de 2027, Édouard Philippe en bonne position pour s'en approcher au second. Marine Le Pen est hors-jeu judiciaire. La droite classique cherche encore son champion après l'échec de Rachida Dati à Paris. LFI échoue à prendre la moindre grande ville. Le centre macroniste se survit sans se renouveler.

Ce que je cherche et que la France cherche, je crois, ce n'est pas un meilleur communicant ou un mieux-disant électoral. C'est un homme ou une femme d'État dans la pleine acception du terme. Quelqu'un qui dit la vérité sur la dette, sur l'immigration, sur l'islam politique, sur l'état de nos institutions et qui le dit avec la dignité, la hauteur et la fermeté que la situation exige. Quelqu'un qui n'a pas peur de l'État profond, qui ne sera pas absorbé par les corps intermédiaires, et qui aura la vision et le courage de réformer vraiment.

Ce personnage existe-t-il ? Je le crois. La France a toujours su, dans les moments de crise profonde, faire surgir les hommes qu'elle méritait à condition d'avoir assez souffert pour les reconnaître. Elle a su se relever après la Commune, après Sedan, après Vichy, après Mai 68. Elle saura se relever de cette déconstruction là, à condition que ceux qui aiment la France arrêtent de se battre entre eux et commencent à se battre pour elle.

 

La France qui ne se résigne pas

Il y a dans les alertes de Sansal et Villiers quelque chose qui n'est pas du désespoir, c'est de l'urgence. Une urgence qui ressemble à l'amour : on n'alerte pas avec cette force sur ce qu'on a abandonné.

La France majoritairement à droite qui s'est exprimée dans ses communes le 22 mars dernier n'a pas encore trouvé son unité politique. Elle est fragmentée, divisée, parfois épuisée par des années d'une politique qui lui a demandé des efforts sans lui rendre de résultats. Mais elle est là. Elle vote. Elle s'engage dans les conseils municipaux. Elle paie ses impôts et se lève le matin.

Cette France-là mérite mieux que la guerre des ego et les calculs d'appareil. Elle mérite un rassemblement par le haut non pas une fusion artificielle qui efface les différences, mais une convergence sur l'essentiel : la France souveraine, la France qui assimile, la France qui protège ses citoyens et leurs libertés, la France qui dit non au fédéralisme imposé, la France qui réforme son État sans le détruire.

2027 n'est pas une élection comme les autres. C'est peut-être la dernière chance, pour une génération, de remettre la France sur les rails de sa propre histoire. Je refuse de croire qu'elle la ratera.

 

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