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29,9 °C de moyenne nationale, des écoles fermées, des examens reportés — et la gauche veut un « congé climatique »



29,9 °C de moyenne nationale, des écoles fermées, des examens reportés et la gauche veut un « congé climatique »

La France vient de battre son record absolu de chaleur le 24 juin 2026 : 29,9 °C de température moyenne nationale, pulvérisant les 29,4 °C d’août 2003 et de juillet 2019. 72 départements en vigilance rouge, 51 millions de Français touchés, des écoles fermées, des oraux du bac reportés, des milliers de parents sans solution de garde. Et que propose la classe politique ? À droite, climatiser les écoles et les Ehpad. À gauche, cinq jours de congé supplémentaires et la décroissance. Bienvenue dans un pays qui préfère fermer ses bâtiments plutôt que de les adapter, et qui invoque la fin du monde pour ne pas brancher un climatiseur.



I — Les faits : un record historique, un pays à genoux

Posons les chiffres, parce qu’ils disent l’ampleur du problème.

Le mercredi 24 juin 2026 est devenu la journée la plus chaude jamais enregistrée en France depuis le début des relevés météorologiques, avec une température moyenne nationale de 29,9 °C. Météo-France a qualifié cet épisode de « sévérité exceptionnelle, au moins équivalente à la canicule d’août 2003 » celle qui avait fait 15 000 morts. Le jeudi 25 juin, 72 départements étaient en vigilance rouge, touchant plus de 51 millions d’habitants, soit plus de 95 % de la population métropolitaine.

Dans les écoles, c’est le chaos organisé. Le ministère de l’Éducation nationale a admis que des « fermetures temporaires d’écoles » et des « reports d’épreuves » pouvaient être décidés en dernier recours. Les oraux du bac prévus l’après-midi ont été reportés dans de nombreuses académies. Les épreuves du brevet, maintenues le 26 juin matin, ont été aménagées avec des pauses de 15 minutes entre chaque partie. Des milliers de familles se sont retrouvées sans solution, à devoir garder des enfants renvoyés chez eux en pleine semaine de travail.

Et Météo-France prévient : les vagues de chaleur pourraient désormais survenir dès le mois de mai et s’étendre jusqu’en octobre. Ce n’est plus un épisode exceptionnel c’est la nouvelle normalité. La question n’est plus « est-ce que ça va se reproduire ? » mais « sommes-nous prêts ? ». La réponse est non.

Car la vérité est cruelle : la France ressemble, dans ces moments-là, à un pays sous-développé. Et le mot n’est pas trop fort. Quand un pays de 68 millions d’habitants, sixième puissance économique mondiale, est incapable de maintenir ses écoles ouvertes parce qu’il fait chaud, quand des examens nationaux sont reportés faute de bâtiments adaptés, quand le Premier ministre annonce que les ministres pourraient ne pas prendre de vacances « si la canicule devait durer » comme si l’on découvrait le phénomène — c’est que la désorganisation est devenue structurelle.

Les canicules se répètent depuis 2003. Vingt-trois ans. Et nous en sommes encore à improviser, à fermer des écoles la veille pour le lendemain, à distribuer des bouteilles d’eau dans les couloirs comme on le ferait dans un camp de réfugiés. Les Japonais climatisent leurs écoles. Les Espagnols climatisent leurs écoles. Les Américains climatisent leurs écoles. La France, elle, les ferme et explique aux parents qu’ils doivent se débrouiller.

Ce n’est pas un problème climatique. C’est un problème d’État. Un État qui a cessé d’investir dans l’essentiel, qui produit des normes par milliers mais n’est plus capable de protéger un enfant de six ans de la chaleur dans une salle de classe. Un État qui gère le quotidien des Français avec l’amateurisme d’une administration dépassée, et qui masque son impuissance derrière des « plans d’adaptation » dont personne ne voit jamais les effets.


II — Le débat politique : un révélateur parfait

Face à cette réalité, la classe politique a réagi exactement comme on pouvait le prévoir — en se séparant le long de la seule ligne qui compte aujourd’hui en France : le pragmatisme contre le dogme.

À droite, la réponse est simple : climatiser. Le groupe UDR d’Éric Ciotti a déposé une proposition de loi pour rendre obligatoire la climatisation dans les écoles et les Ehpad. Le RN promet un « plan massif de climatisation » s’il arrive au pouvoir. Bruno Le Maire soutient : « Le pire des maux, c’est que les plus fragiles de nos compatriotes risquent de mourir à cause du réchauffement climatique. Donc oui, je suis favorable à la climatisation. » Bruno Retailleau dénonce « le discours arriéré » de la gauche et son « écologie décroissante ».

À gauche, la réponse est idéologique : surtout pas de climatisation. Marine Tondelier, patronne des Verts, a fustigé l’idée en ironisant : « Quand vous aurez des pics à 45, 50 degrés, vous n’allez pas vous balader avec un climatiseur portable autour du cou. » Son parti propose à la place un « congé climatique » de cinq jours par an. LFI présente son « plan d’urgence d’adaptation à la canicule » : un « droit de retrait climatique pour les travailleurs », un « congé climatique pour les parents d’élèves », et la fin des « bouilloires thermiques ». On ne climatise pas on ferme, on s’arrête, on décrète des jours de congé.

Mesurons la philosophie qui se cache derrière ces deux réponses. D’un côté, des gens qui disent : le climat change, adaptons-nous, équipons nos bâtiments, protégeons les plus fragiles. De l’autre, des gens qui disent : le climat change, c’est notre faute, toute adaptation technique est une capitulation devant le modèle productiviste, ralentissons tout, arrêtons-nous. L’un veut résoudre le problème. L’autre veut le subir vertueusement.



III — Le dogmatisme écologiste face au bon sens : climatiser n’est pas un péché

Regardons les arguments de la gauche en face, parce qu’ils méritent d’être démontés un par un.

« La climatisation aggrave le réchauffement. » L’ADEME rappelle que la climatisation rejette 4,4 millions de tonnes de CO2 annuellement en France, soit 5 % des émissions du secteur du bâtiment. C’est vrai. Mais c’est aussi totalement hors sujet quand un enfant de six ans fait 37 °C dans une salle de classe et qu’on le renvoie chez lui parce que l’école est devenue dangereuse. Le débat n’est pas entre le climat idéal et la climatisation : il est entre la sécurité des personnes et le dogme. Et quand on a le choix entre un enfant en danger et 5 % des émissions d’un secteur, le choix est fait.

« Il faut d’abord rénover, isoler, végétaliser. » Évidemment. Personne ne dit le contraire. Mais rénover le bâti scolaire français prendra des années voire des décennies si l’on s’en tient au rythme actuel des collectivités. Et pendant qu’on rénove, les enfants ont chaud maintenant, les personnes âgées en Ehpad sont en danger maintenant, les travailleurs souffrent maintenant. L’argument de la rénovation n’est pas une alternative à la climatisation : c’est un complément à long terme. Opposer l’un à l’autre, c’est condamner les Français à souffrir en attendant la rénovation parfaite qui ne viendra pas.

« Un congé climatique est la bonne réponse. » Cinq jours de congé supplémentaires par an. Voilà la réponse de la gauche écologiste à 29,9 °C de moyenne nationale. On ne résout pas on s’arrête. On ne s’adapte pas on ferme. C’est la quintessence de la pensée décroissante : face à un problème, la solution est toujours moins de travail, moins de production, moins d’activité. Et qui paiera ces cinq jours ? Les entreprises, évidemment. Comme si la compétitivité française n’était pas déjà assez dégradée. Rappelons que la France travaille déjà moins d’heures que tous ses voisins européens et qu’elle s’en porte manifestement plus mal.

Et puisqu’on parle de solutions, ouvrons le débat au-delà du seul climatiseur car la réponse technique est plus riche qu’on ne le dit. Les déstratificateurs d’air, par exemple, sont une technologie simple, peu coûteuse et remarquablement efficace, encore très peu utilisée en France. Le principe est élémentaire : dans tout bâtiment à hauteur sous plafond importante, gymnases, réfectoires, salles polyvalentes, halls d’école la chaleur s’accumule naturellement en hauteur. Un déstratificateur aspire cet air chaud piégé sous le plafond et le redistribue doucement vers le bas, homogénéisant la température sur toute la hauteur du local. En hiver, cela permet de réduire la facture de chauffage de 30 %. En été, couplé à une ventilation bien pensée, cela abaisse sensiblement la température ressentie au niveau des occupants pour une consommation électrique de 50 à 150 watts, soit moins qu’une ampoule à incandescence.

C’est une solution bête comme chou, finançable à 80-100 % par les certificats d’économies d’énergie, installable en quelques jours, silencieuse, et qui ne pose aucun problème écologique. Mais personne n’en parle. Pourquoi ? Parce que le débat français est prisonnier de la caricature : climatisation ou rien. Comme si la palette des réponses techniques se limitait au climatiseur split que la gauche déteste et au ventilateur de bureau que le bon sens méprise. Entre les deux, tout un arsenal existe, déstratificateurs, pompes à chaleur réversibles, géothermie, brumisateurs, puits climatiques dont la France ignore superbement l’existence faute de s’y intéresser.



IV — L’atout que tout le monde oublie : le nucléaire

Il y a dans ce débat un éléphant dans la pièce que personne, à gauche, ne veut regarder : la France possède le parc nucléaire le plus puissant d’Europe. Une énergie décarbonée, abondante, pilotable, et relativement bon marché. L’énergie idéale, en somme, pour alimenter des climatiseurs sans alourdir l’empreinte carbone.

Le Japon l’a compris. Les États-Unis l’ont compris. L’Espagne l’a compris 41 % des foyers espagnols sont équipés d’un système de climatisation, soit le double de la France. Et personne, dans ces pays, ne considère que climatiser une école ou un hôpital est un crime contre la planète.

La France dispose d’un avantage compétitif majeur une électricité nucléaire abondante et décarbonée et ne l’utilise pas pour protéger ses propres citoyens. Pourquoi ? Parce qu’une partie de la classe politique a érigé l’inconfort en vertu écologique, et considère que toute consommation d’énergie même décarbonée, même pour sauver des vies est suspecte. C’est un aveuglement qui confine à la faute.



V — L’angle mort : pourquoi personne ne regarde nos outre-mer ?

Et voilà peut-être l’aveuglement le plus révélateur de tous. La France possède, dans ses propres territoires, des populations qui vivent avec la chaleur tropicale toute l’année 30 à 35 °C en permanence, humidité écrasante, saison cyclonique. La Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion, Mayotte, la Polynésie : des millions de Français qui font face, depuis toujours, à ce que la métropole vient de découvrir avec horreur le 24 juin.

Et qu’ont-ils développé ? Des solutions. Des vraies. Pas des congés climatiques des techniques.

L’architecture bioclimatique tropicale est une discipline à part entière, développée par des architectes, des ingénieurs et des bureaux d’études ultramarins depuis des décennies. Concevoir un bâtiment en harmonie avec le climat, protéger du rayonnement solaire tout en captant la ventilation naturelle, utiliser le végétal pour rafraîchir les abords, orienter les ouvertures pour créer des courants d’air tout cela est un savoir-faire français, développé en France, par des Français. Et la métropole l’ignore totalement.

Les résultats sont là, documentés. À La Réunion, l’école Lacaussade a végétalisé ses cours et réduit de moitié le recours à la climatisation. En Guyane, la Communauté d’agglomération du Centre Littoral a obtenu jusqu’à -5 °C dans les classes rénovées par des techniques bioclimatiques. En Polynésie française, l’école de Papetoai est devenue la première école bioclimatique du territoire. Ces expériences sont françaises, elles fonctionnent, elles sont documentées et personne en métropole ne les connaît.

C’est là que le jacobinisme et le mépris parisien pour les outre-mer rejoignent le sujet de la canicule. Un pays normal, un pays qui fonctionnerait correctement, commencerait par regarder ce que font ses propres territoires tropicaux avant de se déchirer sur le congé climatique ou le plan clim du RN. Un pays normal dirait : « Nous avons des architectes, des ingénieurs, des collectivités qui savent faire apprenons d’eux. » Mais la France n’est pas un pays normal. C’est un pays qui ferme ses écoles à 30 °C tout en ignorant que ses propres citoyens d’outre-mer vivent par 35 °C toute l’année et s’en sortent.



VI — La vraie question : quelle France face au climat ?

Comme souvent sur ce blog, derrière le débat du jour se cache une question de fond, beaucoup plus large : quel pays voulons-nous être face au changement climatique ?

Un pays qui subit ? Qui ferme ses écoles, renvoie ses enfants, décrète des congés, et attend passivement que « la transition » fasse son effet dans trente ans ? C’est le modèle de la gauche décroissante : s’arrêter, ralentir, renoncer, subir vertueusement.

Ou un pays qui s’adapte ? Qui climatise ses bâtiments publics sensibles écoles, Ehpad, hôpitaux avec son énergie nucléaire décarbonée, qui installe des déstratificateurs dans ses gymnases et ses réfectoires, qui s’inspire de l’architecture bioclimatique de ses propres outre-mer, qui rénove son bâti en parallèle, qui investit dans l’innovation plutôt que dans la résignation ? C’est le modèle du bon sens celui que défendent la droite et les Français ordinaires qui ne veulent pas qu’on leur explique que souffrir est un geste pour la planète.

Le Premier ministre Lecornu a rappelé que la climatisation des écoles relève « historiquement de la compétence des collectivités », ajoutant que « cela fait un siècle et demi que c’est comme cela » et que « c’est le corollaire de la décentralisation ». Il a raison sur le plan juridique. Mais il a tort sur le plan politique parce que renvoyer la responsabilité aux collectivités, c’est garantir qu’il ne se passera rien de massif, de rapide, de coordonné. Les petites communes rurales n’ont pas les mêmes moyens que les grandes villes. Si l’État ne prend pas le sujet à bras-le-corps, nous revivrons cette même scène chaque été, de plus en plus tôt, de plus en plus longtemps.

C’est d’ailleurs une illustration parfaite de ce que je défends dans mon projet de décentralisation en provinces : un État qui se recentre sur les grandes décisions stratégiques comme un plan national d’adaptation thermique des bâtiments publics et des provinces autonomes qui adaptent les modalités à leurs réalités locales, en s’inspirant quand c’est pertinent du savoir-faire de nos outre-mer. Ni le jacobinisme impuissant du « c’est la compétence des collectivités, débrouillez-vous », ni l’uniformisme normalisateur qui ignore les différences de territoire. La subsidiarité intelligente.



VII — Un choix de civilisation : la modernité ou la pénitence

Je veux terminer sur ce que cette canicule révèle de plus profond. Ce n’est pas un débat technique sur les climatiseurs. C’est un choix de civilisation.

D’un côté, ceux qui croient que l’humanité peut et doit s’adapter à son environnement par la technologie, l’innovation, l’investissement, l’intelligence. C’est ce que l’humanité a toujours fait, depuis qu’elle a inventé le feu pour se chauffer et l’irrigation pour nourrir ses champs. Climatiser une école en utilisant de l’électricité nucléaire décarbonée n’est pas une régression : c’est le progrès au service du bien commun.

De l’autre, ceux qui croient que l’humanité doit expier, renoncer, décroître, se punir. Que toute consommation d’énergie est un péché, que tout confort est suspect, que la souffrance climatique est une forme de justice immanente pour nos excès. Le congé climatique, c’est exactement cela : pas une solution, mais une pénitence organisée. On ne climatise pas on s’arrête, et on contemple les conséquences de nos péchés carboniques.

Je choisis la modernité. Je choisis un pays qui climatise ses écoles, qui installe des déstratificateurs dans ses gymnases, qui apprend de ses outre-mer, qui protège ses anciens, et qui utilise son énergie nucléaire pour ce qu’elle est : un atout formidable au service des Français. Un pays qui s’adapte plutôt que de se flageller.

29,9 °C de moyenne nationale, et la gauche propose cinq jours de congé. Il fallait oser. Le bon sens, lui, propose un climatiseur, un déstratificateur et du nucléaire. C’est moins poétique, mais c’est nettement plus efficace.



Un Citoyen engagé — Juin 2026

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