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Réformer le système de santé en France : un impératif face aux défis actuels

Dernière mise à jour : 9 juin 2025






La crise de la Covid-19 a exposé au grand jour les failles du ministère de la Santé, un ministère souvent discret depuis l’affaire du sang contaminé. La pandémie a révélé une administration rigide, surchargée d’agences administratives indépendantes (AAI) et d’Agences Régionales de Santé (ARS), parfois éloignées des réalités du terrain. Avec des hôpitaux publics sous-équipés et sur-administrés, le désert médical qui s'agrandit un peu plus chaque jour, une dette croissante et un personnel insuffisamment rémunéré, il devient évident que le système de santé français nécessite une profonde réforme.


Un système en tension

La France possède l’un des systèmes de santé les plus coûteux d’Europe. En 2023, la dépense courante de santé a atteint 325 milliards d’euros, soit une augmentation de 3,5 % par rapport à l’année précédente. Les soins hospitaliers représentent 49 % de cette dépense, soit 122 milliards d’euros, un chiffre en hausse, notamment dans le secteur public (+3,6 %). Paradoxalement, malgré ces investissements, les infrastructures restent insuffisantes et les hôpitaux peinent à répondre à l’afflux de patients.


Vers une décentralisation des structures de santé

Pour plus d’efficacité, la gestion des hôpitaux publics, des établissements psychiatriques et des ARS devrait être transférée aux Régions. Elles disposeraient ainsi de la liberté d’organiser leurs structures hospitalières selon les besoins locaux, avec plusieurs options : privatisation, gestion sous forme de Délégation de Service Public (DSP), ou administration en fondations. La suppression de l’ONDAM permettrait aux Régions de mieux financer les établissements tout en garantissant un accès équitable aux soins.


Favoriser l’hospitalisation ambulatoire

Un plan national de développement de l’hospitalisation ambulatoire, en concertation avec les Régions, permettrait de repenser les services d’urgence. Cette approche réduirait la pression sur les hôpitaux en optimisant la prise en charge des patients pour des soins courts et efficaces. En 2023, la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) a progressé de 5,2 %, portée notamment par une hausse de 5,7 % des soins hospitaliers et ambulatoires, signe que l’hôpital doit mieux répartir ses ressources.


Une gestion territorialisée des SAMU-SMUR

Les SAMU et SMUR devraient être gérés directement et pilotés par les hôpitaux. Les transports médicaux pourraient être confiés à des gestionnaires sous DSP par les communes afin de garantir un service optimisé et mieux adapté aux réalités locales.


Diversifier les modèles de gestion hospitalière

Les Régions auraient la possibilité de choisir entre différents modèles de gestion hospitalière : privatisation, DSP, fondation ou établissement public. Elles pourraient également regrouper leurs établissements sous une structure commune, à l’image de l’AP-HP en Île-de-France.


Une meilleure organisation de l’offre de soins de ville

La politique d’offre de soins de proximité pourrait être partagée avec les communes. La création de pôles de santé publics avec des services d’urgence légers permettrait de désengorger les hôpitaux tout en favorisant un accès rapide aux soins courants. Ces nouveaux PSL, dotés d'un service d'urgence mais aussi d'un laboratoire, d'un service radiographie et d'une piste d'hélicoptère pourraient être coordonnées au niveau d'un hôpital référent.


Simplification des agences de santé

La fusion des multiples agences nationales, telles que la HAS, l’Agence du Médicament et le Conseil scientifique, permettrait de rationaliser les instances décisionnelles. Un ministère plus structuré et doté d’outils efficaces pourrait ainsi prendre des décisions plus rapidement.


Réforme du secteur psychiatrique et des urgences psychiatriques

Une refonte complète du système psychiatrique et des urgences spécialisées est nécessaire pour mieux répondre aux besoins des patients et éviter la surcharge des unités hospitalières dédiées.


Un ministère stratège pour mieux gérer les crises

Le ministère de la Santé devrait assumer un rôle stratégique, axé sur la prévention des risques sanitaires et pandémiques ainsi que la gestion des crises sanitaires. La récente chute de 38,3 % des dépenses de prévention, retombées à 7,5 milliards d’euros, illustre un manque d’investissement dans cette politique essentielle.


Un fonds annuel pour l’équipement hospitalier

La mise en place d’un fonds annuel de péréquation et d’aide à l’équipement des hôpitaux permettrait d’assurer un renouvellement des infrastructures et des équipements selon des priorités définies avec les Régions.


Refonte de la formation et des métiers de la santé

L’enseignement supérieur en médecine doit être revu au delà de la simple suppression du numerus clausus pour répondre aux évolutions du secteur. Une mise à jour des grilles salariales des professions médicales et une redéfinition de certains métiers clés, comme celui de sage-femme ou chef infirmier, seraient essentielles pour redonner de l’attractivité aux carrières médicales.


Création d’un Conseil de coordination de santé publique

Un organe regroupant les représentants santé de chaque Région et Territoire d’Outre-Mer (TOM), travaillant aux côtés du ministre de la Santé, renforcerait la cohérence des politiques sanitaires à l’échelle nationale.


Clarification des compétences entre les niveaux administratifs

L’Assurance Maladie pourrait être restructurée pour une meilleure gestion des différentes catégories de soins. L’État via la CNAM se concentrerait sur la vaccination, les urgences et les maladies graves, tandis que les Provinces, les Métropoles et les Corporations prendraient en charge des missions spécifiques comme la médecine scolaire, la médecine du travail ou la branche accident du travail ; enfin la branche assurance arrêt de travail serait déléguée aux assurances privées pour laquelle les français ou les employeurs souscriraient permettant de responsabiliser les travailleurs mais aussi de réduire la charge sur le contribuable de l'ordre de 15 mds par an.


Conclusion : un système de santé plus efficace et résilient

Réformer en profondeur le système de santé français en le décentralisant et en le simplifiant est une nécessité. La gestion régionale des établissements hospitaliers, la réduction du poids administratif et la clarification des compétences permettraient de construire un système plus flexible, plus réactif et mieux adapté aux attentes des citoyens. En donnant plus de pouvoir aux Régions et en modernisant l’organisation des soins, la France pourrait se doter d’un système de santé plus robuste et mieux préparé aux défis futurs.



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