Faire de la recherche française le fer de lance de l'économie!
- Stephan P
- 21 févr. 2021
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 oct. 2025

Depuis "l'affaire des vaccins" pour lutter contre la Covid-19, avec l'abandon en rase campagne de l'Institut Pasteur et les errements de Sanofi pour trouver "LE" vaccin made in France, que d'encre a coulé sur l'improbable déclin de la recherche française ! Malgré l'annonce du plan Quantique à 1,8 milliards d'euros sur 5 ans à partir de 2021 ou encore des performances des start-up françaises qui parviennent à se hisser au niveau de la tech européenne, un malaise persiste. Quel est ce mal qui nous ronge, au-delà de notre tendance à nous flageller pour mieux exorciser nos défauts et nos doutes ? La recherche française, autrefois florissante, semble aujourd'hui en proie à une léthargie qui freine son essor. Pourtant, elle recèle un potentiel immense, à condition de repenser son modèle et de libérer les énergies entrepreneuriales.
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La recherche française se compose de deux piliers : la recherche publique, financée par l'État via les laboratoires des universités, des hôpitaux et des grands organismes comme le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) ou l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), et la recherche privée, menée par les gros laboratoires, les entreprises et les start-up. Avec près de 300 000 chercheurs tous secteurs confondus, dont 40 % dans le secteur public et 60 % dans le privé, la France dispose d'un vivier de talents considérable.
Les sommes investies dans la recherche s'élèvent à près de 50 milliards d'euros par an, dont 15 milliards d'argent public. La loi de programmation pluriannuelle de la recherche, promulguée en décembre dernier, prévoit d'injecter 25 milliards d'euros sur 10 ans, pour atteindre un budget annuel de 20 milliards d'euros en 2030. Cet effort vise à rattraper le retard français, avec 2,2 % du PIB consacré à la recherche, pour un objectif européen fixé à 3 %. Cependant, une action plus radicale s'impose : consacrer dès à présent 3 % du PIB aux enjeux d'aujourd'hui, tels que le biomédical, les nouvelles énergies, l'espace, les océans, le numérique, la défense, l'aéronautique, l'agroalimentaire, les nanotechnologies, les microprocesseurs et la recherche quantique.
Dépenser, c'est bien, mais dépenser mieux, là où c'est nécessaire, semble presque une évidence. Sauf dans la recherche d'État, où ce dernier manque de courage politique, ankylosé par son administration, pour prendre des décisions radicales et rendre à la recherche française sa gloire perdue. L'État, en fonction des programmes de recherche lancés, pourrait décider d'octroyer des budgets conséquents à des groupements de laboratoires privés ou publics/privés, en achetant les brevets et l'exploitation. Cela permettrait aux laboratoires d'avoir les moyens suffisants pour mener la recherche, qu'elle soit dans le biomédical, l'espace, le militaire, et d'éviter que ces recherches ne partent à l'étranger.
Recherche privée ou publique ? Là encore, dès qu'il s'agit de vouloir repenser le périmètre de l'État, l'éternel débat du "on veut réduire l'État et le service public" versus "comment rendre plus performant la commande publique" reprend le dessus, au grand désarroi des premiers concernés, les chercheurs.
Malgré tout, dire que l'État n'a plus sa place dans la recherche serait une ineptie au regard de la qualité de travail rendu par des organismes tels que le CNRS, l'INSERM, le CNES, etc. Cependant, imaginer que ces grands organismes publics puissent se déployer dans les universités en fusionnant les laboratoires et en démultipliant les moyens permettrait de décentraliser le fonctionnement de la recherche. Il ne s'agirait alors de conserver que la stratégie au niveau des organismes centraux, qui deviendraient les financeurs de la politique de recherche du gouvernement. De même, il serait opportun de réfléchir à supprimer le CNRS afin de rendre plus agiles les différents instituts qui le composent, permettant ainsi au politique de reprendre la main sur ce qui doit être priorisé par l’État tout en évitant le saupoudrage.
Enfin, partir du principe qu'une recherche en université puisse être associée d'office à un laboratoire privé, pouvant lui-même mutualiser les équipes et les équipements publics en y apportant son expérience, permettrait de renforcer la qualité de la recherche française et de la rendre essentielle là où elle est utile au rayonnement économique de la France.
Libéraliser la recherche… L'État devra créer une émulsion forte et pérenne afin d'être dans le top 5 des brevets déposés dans le monde. Pour ce faire, il devra déréglementer là où l'administration est trop présente, simplifier l'exploitation des brevets, remanier la propriété intellectuelle, etc.
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Conclusion
Pour redonner à la recherche française sa gloire perdue et la propulser parmi les leaders mondiaux, il est impératif de libéraliser ce secteur et de basculer l'effort de recherche vers les entreprises. En réduisant le poids de l'État et en favorisant les partenariats publics-privés, nous pouvons créer un écosystème dynamique et innovant. Les entreprises, libérées des contraintes administratives et financières, pourront alors pleinement s'engager dans des projets ambitieux et porteurs de croissance. Cette approche libérale et pro-business permettra non seulement de stimuler l'innovation, mais aussi de renforcer la compétitivité de la France sur la scène internationale. En adoptant une vision audacieuse et pragmatique, nous pouvons transformer la recherche française en un véritable moteur de développement économique et de progrès scientifique.



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