Et si la France arrêtait de se payer de mots et commençait à se payer de liberté ?
- Stephan P
- 25 avr.
- 8 min de lecture

Bercy avoue l'impossible : le déficit à 3 % en 2029 ne sera pas tenu. La Cour des comptes traque les niches fiscales. Et tout le monde tourne autour du pot. Il est temps de poser les vraies questions, celles que personne à Paris n'ose formuler.
Ce matin, en lisant Le Figaro Économie, je suis tombé sur un article qui aurait dû faire la une de tous les journaux et qui, symptomatiquement, n'a pas provoqué le moindre débat politique. Bercy y concède, entre les lignes et avec les précautions d'usage, ce que les économistes honnêtes répètent depuis des années : l'objectif de ramener le déficit public sous les 3 % du PIB à l'horizon 2029 est hors de portée. Trop de dépenses sociales « politiquement explosives » selon les propres termes du ministère, trop d'engagements impossibles à défaire, trop de niches fiscales que la Cour des comptes traque sur le papier et que personne ne touche dans les faits. La Banque de France elle-même, interrogée par le Figaro, avait mis en garde : « Si le déficit reste supérieur à 5 % du PIB en 2026, les 3 % en 2029 ne sont plus atteignables. » Nous y sommes. On nous refait le même film depuis quarante ans. Mais il est peut-être temps de changer de salle et de film.
Pourquoi les niches fiscales ont-elles été créées ? Le péché originel de la fiscalité française
Commençons par une vérité que l'on oublie toujours quand vient l'heure de les supprimer : les niches fiscales n'ont pas été inventées par des escrocs ou des lobbies. Elles ont été créées, pour l'essentiel, pour corriger les excès d'une fiscalité devenue si lourde qu'elle détruisait ce qu'elle prétendait financer.
Logique implacable : quand le taux marginal d'imposition devient confiscatoire, qu'il dépasse 50, 60, parfois 70 % sur certains revenus ou transmissions, l'État lui-même est contraint de créer des soupapes. Des exonérations pour encourager l'investissement que la fiscalité normale décourage. Des abattements pour éviter que le tissu des PME familiales ne soit pulvérisé à chaque transmission. Des crédits d'impôt pour que les entreprises daignent encore embaucher, innover, construire sur ce sol.
Autrement dit : une niche fiscale est, dans la très grande majorité des cas, le symptôme d'une fiscalité malade, non la cause. Supprimer la niche sans soigner la maladie, c'est retirer le pansement sans refermer la plaie. C'est exactement ce que Bercy s'apprête à faire, avec la bénédiction de la Cour des comptes, dans un réflexe purement comptable qui ne résoudra rien structurellement.
« La réalité de la situation économique et budgétaire est le fruit d'un social-étatisme que nous subissons depuis plus de quarante ans et de la dangereuse facilité démagogique du 'quoi qu'il en coûte', qui a fait bondir la dette de 38 % entre 2019 et 2024 quand le PIB ne progressait que de 20 % sur la même période. »
— David Lisnard & Jacques Garello
Si l'on veut vraiment supprimer les niches fiscales, il faut d'abord réduire la pression fiscale globale à un niveau où elles deviennent inutiles. C'est l'ordre logique. L'ordre inverse, supprimer les soupapes sans baisser la pression, produit des explosions.
Maintenir à flot un système qui fabrique la pauvreté : jusqu'à quand ?
Voici la question que personne dans les couloirs de Bercy n'ose poser à voix haute : à quoi sert un système social qui, après quarante ans de montée en puissance et des dépenses sociales représentant près de 32 % du PIB, les plus élevées du monde développé, laisse encore 8 millions de Français sous le seuil de pauvreté ?
Ce n'est pas une question rhétorique. C'est un constat arithmétique. La France dépense plus pour la protection sociale que n'importe quel autre pays comparable. Et pourtant, la pauvreté ne recule pas — elle se reproduit, génération après génération, dans les mêmes quartiers, les mêmes familles, les mêmes trappes à inactivité soigneusement entretenues par un système d'aides qui punit celui qui essaie de s'en sortir.
Pourquoi ? Parce que le modèle français ne cherche pas à émanciper le pauvre : il cherche à le gérer. Il lui donne juste assez pour qu'il survive — pas assez pour qu'il prospère. Et surtout, il lui construit autour un mur invisible mais réel : dès qu'il reprend un emploi, qu'il gagne un euro de plus, les aides s'évaporent, les allocations se retirent, les charges s'accumulent. Travailler ne paye pas. Le système l'a voulu ainsi, consciemment ou non.
« Trop de Français qui travaillent, épargnent et entreprennent constatent que leur activité n'est pas rémunérée à sa juste valeur. Un impôt qui détruit la richesse ne peut pas la redistribuer. »
— David Lisnard & Jacques Garello
Maintenir ce système à flot à coups de déficits et de dette revient à emprunter à nos enfants pour payer les intérêts d'un modèle qui échoue. La Cour des comptes elle-même a calculé que la charge de la dette représentera 107 milliards d'euros en 2030, premier poste budgétaire de la France, devant l'Éducation nationale et la Défense. Nous empruntons pour payer les intérêts de ce que nous avons emprunté pour financer un modèle qui ne fonctionne pas. C'est la définition même du piège de la dette.
Renverser la table : et si libérer était la vraie façon d'économiser ?
Il est temps de poser la question frontalement, celle que David Lisnard est aujourd'hui l'un des seuls responsables politiques à oser formuler : et si la solution à la crise budgétaire française n'était pas de taxer davantage, ni même de tailler à la serpe dans les niches, mais de libérer radicalement l'économie pour qu'elle produise enfin les richesses dont l'État a besoin ?
Ce n'est pas une utopie. C'est une leçon d'histoire. La Nouvelle-Zélande des années 1980, au bord de la faillite, a mené en quatre ans une révolution libérale complète ; privatisations, baisse drastique des impôts, dérégulation du marché du travail. Résultat : retour à la croissance, réduction du chômage, assainissement des finances publiques. L'Irlande des années 1990 a baissé son impôt sur les sociétés à 12,5 % et est devenue en une décennie l'un des pays les plus prospères d'Europe. La Suède des années 1990, au bord du gouffre après une crise bancaire, a réformé son État-providence de fond en comble et privatisé ce qui devait l'être. Ces pays ne sont pas devenus des jungles sociales : ils sont devenus solvables.
La France, elle, a choisi depuis quarante ans l'inverse : maintenir le modèle coûte que coûte, en rajoutant de la dette par-dessus la dette, des niches par-dessus des niches, des aides par-dessus des aides. Et elle se retrouve aujourd'hui avec 113 % de PIB de dette, un déficit structurel qui ne se résorbe pas, et une croissance du PIB par habitant parmi les plus faibles de l'OCDE.
« La France souffre d'avoir découragé l'effort et désincité à produire. Le salarié français coûte très cher à l'employeur, mais touche au final un revenu net trop faible. Entre les deux, les prélèvements s'accumulent. Ce système pénalise tout le monde. »
— David Lisnard, avril 2026
Ce qu'il faudrait faire et que personne n'ose dire
Voici, sans langue de bois, les quatre piliers d'une véritable révolution libérale française. Non pas pour faire plaisir à une idéologie, mais parce que les chiffres et l'expérience des pays qui ont réussi le commandent.
Premier pilier : supprimer les niches ET baisser la pression fiscale dans le même mouvement. Supprimer les niches fiscales pour les foyers et les entreprises n'a de sens que si l'on réduit simultanément et proportionnellement l'IRPP, les droits de succession, les taxes sur la production, ces 72 milliards d'euros annuels qui étranglent nos usines et dont la France est le champion d'Europe, la fiscalité sur l'épargne et l'investissement. Ce n'est pas un cadeau aux riches : c'est retirer un carcan à l'économie réelle.
Deuxième pilier : réduire drastiquement l'écart entre salaire brut et salaire net. C'est la réforme la plus puissante, la plus immédiate, et paradoxalement la plus ignorée. Un salarié français au Smic coûte 1 800 euros à son employeur. Il touche 1 400 euros nets. L'écart, 400 euros, part en cotisations vers un système social dont les résultats sont documentés plus haut. David Lisnard propose de réduire massivement ces cotisations patronales et salariales pour que le salarié touche enfin ce qu'il produit. C'est la condition pour que le travail paye vraiment.
Troisième pilier : supprimer les 35 heures comme contrainte légale. Non pas pour imposer à quiconque de travailler plus, mais pour rendre aux Français et à leurs employeurs la liberté de négocier leur temps de travail selon leurs besoins, leurs projets, leurs ambitions. Un pays qui légifère sur le nombre d'heures qu'un adulte consentant a le droit de travailler dit quelque chose de profond sur sa vision de la liberté individuelle. Ce qu'il dit n'est pas flatteur.
Quatrième pilier : refonder la politique sociale sur l'émancipation, pas sur l'assistance. Remplacer le maquis des aides conditionnelles : RSA, prime d'activité, APL, allocations diverses, par un revenu universel d'activité simple, dégressif et réellement incitatif au retour à l'emploi. Permettre à chaque Français de devenir propriétaire de sa retraite par une part de capitalisation. Ce ne sont pas des idées de droite sauvage : ce sont les recettes de la social-démocratie nordique que la gauche française cite pourtant comme modèle.
« Dans une société libre, la règle doit protéger sans étouffer. Ce qu'il faut, c'est moins d'aides, moins de subventions, moins de bureaucratie — mais aussi moins d'impôts et moins de charges. Remettre au centre la création de richesse, la rémunération du travail et la liberté économique. »
— David Lisnard, Nouvelle Énergie, 2026
Le vrai indicateur qu'on ne regarde plus : le PIB par habitant
Derrière tous ces débats techniques sur les niches et les déficits, il y a une réalité humaine que les statistiques de Bercy n'affichent jamais en gros : le PIB par habitant français, corrigé de l'inflation, a progressé deux fois moins vite que celui de la moyenne de l'OCDE au cours des vingt dernières années. Autrement dit, le Français moyen s'est appauvri relativement à ses voisins.
En 1980, la France était dans le peloton de tête de la prospérité mondiale. Aujourd'hui, elle est dépassée par des pays qu'elle regardait de haut il y a quarante ans. Ce décrochage n'est pas une fatalité géographique. Il est le résultat direct et mesurable d'une politique économique fondée sur la dépense, la redistribution et la méfiance envers la création de richesse.
Friedrich Hayek le formulait avec une précision que l'histoire n'a pas démentie : « La route vers la servitude est pavée de bonnes intentions. » Chacune des mesures qui ont conduit la France dans cette impasse avait de bonnes intentions. La semaine des 35 heures voulait partager le travail. L'ISF voulait taxer les fortunes oisives. Les niches fiscales voulaient protéger les petits. Le résultat collectif de toutes ces bonnes intentions est un pays qui emprunte 161 milliards par an pour maintenir un niveau de vie qu'il ne produit plus.
« Moins d'État non pas pour faire plaisir à la BCE, mais pour donner de la liberté au chef d'entreprise et créer de la valeur. »
— Synthèse de la pensée de David Lisnard
La vraie économie, c'est la liberté
Bercy ne tiendra pas les 3 % en 2029. Nous le savions. Bercy le sait. Le FMI le sait. La question n'est donc plus de savoir si le modèle français est en crise : il l'est, profondément, structurellement, depuis quarante ans. La question est de savoir si nous avons le courage de lui substituer quelque chose qui fonctionne.
Ce courage n'est pas de supprimer quelques niches fiscales pour gratter 8 à 10 milliards. Ce courage, c'est de changer de logiciel complet : accepter que la liberté économique n'est pas l'ennemie de la justice sociale mais sa condition. Que l'on ne distribue durablement que ce que l'on produit. Que le travail doit payer et bien payer. Que les entreprises doivent pouvoir produire et recruter sans entrave. Et que ce sont les Français libres et responsables, non l'État et ses décrets, qui feront repartir le PIB par habitant.
La France a tous les atouts pour réussir cette transformation : une population éduquée, des entrepreneurs de talent, une position géographique et diplomatique de premier plan. Ce qui lui manque, ce n'est pas l'argent. C'est le courage politique de rendre aux Français ce qui leur appartient : la liberté de travailler, de produire, d'épargner, de transmettre sans que l'État ne soit à chaque fois embusqué derrière la porte pour prélever sa part avant même que la vie ne commence.



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